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30 juin 2022

Wallers-Arenberg fête ses 10 ans d'inscription à l'Unesco

En 2012, le Bassin minier devenait patrimoine mondial de l'Unesco. À Wallers-Arenberg, 15 lieux ont reçu cette magnifique reconnaissance. Dix années plus tard, la fierté des habitants reste la même. La commune propose de fêter cet anniversaire en grand et à la façon d'antan, du 1er au 3 juillet.

Dans la cantine de Wallers-Arenberg, c'est l'agitation des derniers moments. Manque encore les boutonnières des gilets que porteront les musiciens de l'Harmonie municipale durant les festivités et quelques ourlets aux pantalons faits sur-mesure pour les habitants qui souhaitent être habillés comme dans les années 30.

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Derniers ourlets lundi après-midi avant la remise des tenues aux habitants de Wallers-Arenberg.

Ces années-là marquent l'apogée de l'exploitation minière. Les premiers morceaux de charbon sont sortis de la fosse d'Arenberg en 1903. Des cités, des écoles, une salle des fêtes se sont peu à peu dressées autour de la fosse. La population augmente. Le terril d'Arenberg ne cesse de grandir. Le site minier devient l'un des sièges d'extraction les plus importants de la Compagnie des mines d'Anzin puis du bassin minier.

Chez les mineurs, la fosse d'Arenberg était réputée pour la bonne mentalité qui y régnait, souligne Edmond Pruzack qui y a travaillé de 1981 à sa fermeture en 1989. Au milieu du siècle, le site minier s'était modernisé. Il s'est doté d'un puits à double-compartiments, d'un lavoir. Ses déchets ont donné naissance au terril de la Mare à Goriaux. Celui d'Arenberg a servi, en 1980, à faire des essais de creusement pour le futur Tunnel sous la Manche. Puis tout s'est arrêté.

Un patrimoine mondial égal à la muraille de Chine ou Versailles

Enfin presque. Le tournage de Germinal, le film de Claude Berri en 1982, a permis à tous de prendre conscience de l'importance de conserver les installations minières de Wallers-Arenberg. Le site est tout entier inscrit aux Monuments historiques en 2010. Deux ans plus tard, il entre au Patrimoine mondial de l'Unesco aux côtés de la muraille de Chine, du château de Versailles et de tellement d'autres lieux prestigieux.

Il n'y entre pas seul. La Mare à Goriaux et son terril, l'église Sainte-Barbe, l'école du Bosquet, l'ancienne école ménagère, la salle des sports, le dispensaire et les cités minières deviennent aussi Patrimoine mondial.

Je me souviens de ce jour-là comme si c'était hier. J'ai reçu un coup de fil de ma directrice générale des services pour me l'annoncer. J'ai ressenti un sentiment de fierté, de reconnaissance sans savoir quelles seraient les répercussions pour la commune.

Salvatore Castiglione, maire de Wallers-Arenberg depuis 2008.

Aiguilles à la main, Juliette non plus n'a pas oublié le 30 juin 2012. Mon papa était mineur. J'étais contente : c'était une reconnaissance du travail de la mine !  Depuis le 26 avril, cette enseignante à la retraite vient chaque après-midi, du lundi au vendredi, préparer les costumes d'époque qui apporteront une touche d'authenticité aux trois jours de célébration du 10e anniversaire de l'inscription du Bassin minier à l'Unesco.

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Josiane Marion et Lydia Przybylski, amies et couturières.

Une trentaine de robes, de chemisiers, de jupes, de vestes et d'accessoires sont nés grâce à cet atelier de couture spontané. D'anciennes élèves du club de Wallers-Arenberg se sont réunies avec leur savoir-faire et leur machine à coudre. Leur ancienne enseignante, Évelyne Alliaume, les a rejoint dès le mois de mai pour les aider à la découpe et les entourer de conseils et astuces.

J'ai tout de suite dit oui pour reprendre du service, sourit-elle. J'aime bien mon village. J'ai de la fierté pour mon village. Les créations d'alors serviront cette fois-ci aussi. Les couturières d'alors avaient envie de retrouver cette année l'émulation d'il y a cinq ans et rendre la fête encore plus belle. Dans les cités minières, on a toujours l'esprit de solidarité et d'entraide, souligne le maire de la commune.

  • 1/3 - Chaque habitant qui le souhaitait pouvait demander à avoir un costume sur-mesure.
  • 2/3 - Séance d'essayage.
  • 3/3 - Les vestes des musiciens de l'Harmonie municipale en attente de boutonnière, lundi après-midi.

Des fêtes de plus en plus belles

Un an après l'inscription de 15 sites de Wallers-Arenberg au Patrimoine mondial de l'Unesco, la municipalité a organisé une fête. 

Cette inscription, c'était une aubaine. On l'a prise comme une vraie chance qui s'offrait à nous.

Salvatore Castiglione

Sur la place Casimir-Périer, dans le quartier d'Arenberg, une ducasse d'antan prend place. Quatre ans plus tard, pour les 5 ans d'inscription au Patrimoine mondial, la fête s'étoffe. On souhaitait qu'elle représente les différentes nationalités que l'on rencontre à Arenberg, détaille le maire. C'est un succès.

Les animations reviennent plus grandes, plus riches, plus variées du 1er au 3 juillet. On a mis la barre un peu plus haute, convient Salvatore Castiglione. Ce volet festif est un prétexte pour faire venir les gens dans le quartier d'Arenberg, leur faire voir le côté culturel, historique, patrimonial des lieux. (Retrouvez le programme des festivités en cliquant ici).

Depuis dix ans, le patrimoine minier retrouve son lustre

Derrière les manèges, les spectacles, les animations, il faut prendre le temps de regarder la salle des fêtes Pierre D'Arenberg. Le premier bâtiment à avoir été rénové dans la commune après l'inscription au Patrimoine mondial.

Elle était la coqueluche des salles municipales, mais son parquet avait commencé à se soulever et elle était devenue dangereuse. Il avait fallu la fermer au public en 2010.   Les équipes de Bassin minier uni l'ont trouvée formidable, se souvient Salvatore Castiglione. C'est là qu'on a commencé à prendre conscience que c'était une pépite. Le chantier met à jour une charpente métallique au-dessus du faux-plafond, des puits de lumière.

La municipalité décide de lui rendre son lustre d'antan. Les travaux ont coûté plus de 5 millions d'euros. Ça aurait coûté moins cher de rénover une salle basique ou d'en faire construire une, mais nous avons pris conscience de l'importance de préserver ce qui est notre héritage.

Depuis, à Wallers-Arenberg, on choisit toujours de donner une seconde vie aux bâtiments anciens. L'ancienne école ménagère est le deuxième lieu à en bénéficier. Les travaux viennent de débuter. L'église Sainte-Barbe, fermée à cause de la mérule, est sur la liste des projets de réhabilitation de la mairie. Viendront ensuite la maison de l'ingénieur et l'école du Bosquet.

 Je suis arrivée à Arenberg il y a 33 ans, abonde Josiane Marion, une des couturières tout en finissant la confection d'une cornette de religieuse. Je cherchais un logement. J'ai vu la ville changer et je sais qu'elle va continuer à se perfectionner. Pour rien au monde, je ne partirai plus d'ici.

Crédits photo : Département du Nord et Ville de Wallers-Arenberg

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