AMÉNAGEMENT CADRE DE VIE, ENVIRONNEMENT | AVESNOIS
16 janvier 2020

Voie Verte de l'Avesnois : le vrai du faux

La réhabilitation des 30 km de cette véloroute structurante pour le sud de notre département a débuté en octobre dernier. On fait le point sur ce chantier et sur les questions qu'il suscite.

La Voie Verte de l'Avesnois (VVA) est une ancienne voie ferrée reliant Ferrière-la-Grande à Glageon. Sa réhabilitation est en cours, ce qui représente un investissement de 2,1 millions d'euros pour le Département, propriétaire, avec le soutien du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et de la Région Hauts-de-France.

La Voie Verte de l'Avesnois doit être réhabilitée. Vrai !

C'est un axe structurant pour la pratique cyclable dans le département, qui accueille notamment une partie de l'EuroVelo 3, itinéraire européen qui permet de relier la Norvège à l'Espagne.

La réhabilitation du tronçon nordiste, et sa mise aux normes de confort exigées sur ce type d'itinéraire, est très attendue chez nos voisins belges et dans l'Aisne. Ces travaux permettront ainsi de renforcer directement l'attractivité de notre département grâce à une offre cyclable renouvelée et ainsi toucher de nouveaux publics locaux.

Par ailleurs, la Voie Verte de l'Avesnois constitue l'ossature d'une offre plus globale en matière de cyclotourisme et de randonnée accessible à tous. Plusieurs projets soutenus ou portés par le Département y serons directement connectés:

  • lancement d'un nouveau réseau points-nœuds dans l'Avesnois en 2021
  • création du circuit transfrontalier avesnois
  • création d'une maison des mobilités douces à Fourmies

La Voie Verte profitait à tous les usagers ? Faux !

Certaines portions de la Voie Verte de l'Avesnois sont boueuses et difficilement praticables
Certaines portions de la Voie Verte de l'Avesnois sont boueuses et difficilement praticables

Le revêtement actuel, en sable stabilisé, date de 2007.

L'entretien de ce stabilisé avec l'humidité ambiante et la couverture arborée est difficile et très coûteux. Certaines parties de l'itinéraire sont aujourd'hui impraticables ou dangereuses (ornières), empêchant à la fois l'essor du cyclotourisme, et certains usagers de profiter de cet axe de promenade.

Le projet de rénovation, grâce à la pose d'un enrobé de 2,5 mètres de large, permettra à l'avenir de concilier tous les usages non motorisés :

  • accessibilité assurée aux personnes en situation de handicap 
  • cyclistes itinérants ou débutants (enfants)
  • promenades en famille, grâce à la circulation dans de bonnes conditions des poussettes
  • pratique équestre et VTT, grâce au maintien et à l'entretien d'une bande d'herbe d'une largeur comprise entre 1 mètre et 2,5 mètres suivant les portions.

La nouvelle voie profitera vraiment aux cavaliers. Vrai !

La bande enherbée réservée dans le projet fera 2,50 mètres de large en utilisant notamment l'emprise de la piste cavalière existante. Cette largeur pourra être ramenée jusqu'à 1 mètre sur les portions de voie les plus étroites.

Un fauchage régulier sera réalisé pour permettre la pratique de l'équitation.

Cet enrobé ne respecte pas l'environnement ? Faux !

Pour ces travaux, un enrobé est donc posé progressivement sur une largeur de 2,5 mètres. Cette technique présente un bilan carbone plus favorable que le stabilisé à base de sable utilisé depuis 2007. Plusieurs facteurs expliquent cela :

  • Les émissions de gaz à effet de serre, la quantité d’eau et de ressources naturelles requises pour la mise en oeuvre des stabilisés sont, en moyenne, plus importantes que pour les enrobés, d'après une étude menée par le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques). 
  • L'enrobé est plus durable que le stabilisé, ce qui suppose moins de réparations à court et moyen terme.
  • Plus confortable, l'enrobé permet également en moyenne un meilleur report sur le vélo, favorisant ainsi une mobilité décarbonée.

L'enrobé appliqué présente les mêmes caractéristiques en matière d’imperméabilité (écoulement de l'eau) que la structure actuelle.

L'environnement est une donnée essentielle du projet ? Vrai ! 

Conformément à la réglementation et aux exigences de l'État, la réhabilitation de la VVA a fait l'objet d'un dossier au titre de la loi sur l'eau, et d'une étude d'incidence Natura 2000 pour le secteur concerné.

Les préconisations qui en sont issues ont été reprises dans le cahier de charges de la consultation soumises aux entreprises.

Par ailleurs, le chantier respecte entièrement le milieu traversé :

  • L'enrobé est posé sur l'ancienne structure, sans élargissement, ni réhaussement
  • Le chantier a été adapté à la faune locale. Les interventions en forêt sont par exemple interdites de mars à août pour respecter l'habitat du Pic Mar ou de la Cigogne noire en secteur Natura 2000.
  • L'écoulement de l'eau sera assuré par le maintien des ouvrages d'art et la création de noues
  • Une fauche tardive sera réalisée en novembre-décembre chaque année pour assurer la préservation de la biodiversité.

Rendez-vous au printemps pour découvrir cette nouvelle voie qui s'ouvre à tous, mais n'aura rien perdu de son aspect champêtre !

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