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15 janvier 2026
Chauves-souris : on les aide à passer l'hiver dans le Nord !
La chauve-souris est une espèce essentielle, dont l'une des vertus est de réguler la population de moustiques. Alors que son habitat se fait de plus en plus rare, le Département lui aménage des refuges pour hiberner sereinement.
L’inventaire mené à la fin de l'hiver 2025 a permis de recenser 481 chiroptères, couramment appelées chauves-souris, dans les espaces naturels du Nord et sur les bâtiments départementaux. Soit une légère hausse par rapport à 2024, observée dans toute la région. L'hiver dernier, avec ses températures basses sur une assez longue période, a été favorable aux chauves-souris
, explique Fabien Veyssier, garde départemental en charge de la préservation des chiroptères. Dans le Nord, une importante colonie de pipistrelles communes a notamment élu domicile sur les reliefs du barrage du ValJoly (264 animaux recensés - voir photo d'ouverture).
Pour se cacher et hiberner en toute tranquillité, les chauves-souris arboricoles affectionnent particulièrement
les cavités souterraines. Mais aujourd’hui, pour optimiser l'isolation thermique des bâtiments, les soupiraux des caves sont souvent fermés, les sous-pentes des toitures sont calfeutrées : les chauves-souris ont donc de plus en plus de mal à trouver un refuge
, poursuit le garde. Cette difficulté, associée à la diminution du nombre d’insectes qui constituent la nourriture principale des chiroptères, pourrait bien entrainer un déclin de l'espèce.
Face à ce constat, les gardes départementaux se mobilisent pour venir en aide aux chauves-souris dans les Espaces naturels du Nord gérés par le Département. Au mont Noir dans les Flandres, dans le bois de la Tassonnière à Cysoing et encore dans les marais de la Marque à Fretin, ils ont aménagé des abris propices à l'hibernation. C'est également le cas dans un blockhaus situé sur la commune de Ghyvelde, dans les Flandres.
Grâce au travail des gardes, d'autres chiroptères passent l'hiver dans une ancienne hutte de chasse sur le
pré des Nonnettes à Marchiennes, ou encore dans la cave du musée départemental Henri Matisse au Cateau-Cambrésis ! En tout, 110 gîtes ont été installés
sur l'ensemble du territoire : tubes en terre cuite fixés au plafond de gites souterrains ou abris fabriqués à partir de chutes de bois récupérées dans les Espaces naturels du Nord. C’est parfait pour elles ! Elles sont protégées du
vent et de la pluie, au calme et dans la pénombre
, commente Fabien
Veyssier. On installe et ensuite, ce sont elles qui choisissent !
Les premiers pensionnaires sont arrivés
À l’inverse des oiseaux, les habitudes des chauve-souris - qui peuvent vivre jusqu'à 30 ans - mettent du temps à évoluer. Il faudra donc un peu de patience pour que les refuges fassent le plein. Les premiers résultats sont cependant encourageants puisque 10 chauves-souris ont par exemple déjà investi les zones de quiétude aménagées pour elles au Mont Noir.
Aujourd’hui, à l’entrée de l’hiver, les portes des blockhaus et des huttes sont closes. Seules les chauves-souris peuvent y entrer par des interstices… Déjà têtes en bas pour certaines, ces dames ont commencé leur hibernation de 5 à 6 mois.

En finir avec les idées reçues
Exit les vieilles légendes, la chauve-souris ne s’attaque pas aux humains ! Très discrète, elle sort la nuit pour se nourrir de moustiques principalement. Dans le Nord, plusieurs espèces cohabitent : le fameux oreillard roux, le murin à moustaches, le murin de Brandt, la pipistrelle commune…
Crédits photo : Fabien Veyssier
