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9 février 2021

Il y a 170 ans, Victor Hugo découvrait les caves de Lille

Le 10 février 1851, Victor Hugo visite les quartiers les plus insalubres de Lille. De retour à l'Assemblée nationale, il prononce un discours sur la condition ouvrière qui fera date dans la lutte pour un logement plus décent.

Messieurs, quand nous sommes allés à Lille, mes honorables compagnons de voyage et moi, voici ce que nous avons trouvé. Figurez-vous que ces caves dont rien de ce que je vous ai dit ne peut vous donner l'idée. Ces masures habitées de haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés, les greniers aussi hideux que les caves, des galetas où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d'air pour respirer. Ainsi parlait Victor Hugo de Lille, lors de sa venue le 10 février 1851.

Les Misérables et la condition ouvrière en toile de fond

Dès 1845, alors qu'il travaille sur son œuvre Les Misérables, Victor Hugo commence à se préoccuper de la condition ouvrière.

L'extrême pauvreté de la population provoque chez lui une prise de conscience de l'injustice sociale qui règne en France. Elu député après la révolution de 1848, Victor Hugo n'aura de cesse de dénoncer la misère.

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Ainsi, dans le rapport qu'il rédige après sa venue à Lille, il n'y va pas par quatre chemins : Les caves de Lille n'ont en général aucune communication avec les maisons qui sont bâties dessus, on y descend par des escaliers de 7 ou 8 marches, ces caves ne reçoivent d'air ou de jour que par la porte ou la trappe qui ferme l'escalier.

Travail pour tous, mais sans pain ni feu

Il met l'accent sur l'âpreté des conditions de vie et de travail : Au milieu de tout cela, le travail sans relâche, le travail acharné, pas assez d'heures de sommeil, le travail de l'homme, le travail de la femme, le travail de la vieillesse, le travail de l'enfance, le travail de l'infirme, et souvent pas de pain, et souvent pas de feu...

Illustration

Cette présentation appuie la loi du 13 avril 1850 sur la lutte contre les logements insalubres.

Mais Victor Hugo enfonce le clou : Messieurs, je vous dénonce la misère qui n'est pas seulement la souffrance de l'individu, qui est la ruine de la société. Je vous dénonce la misère, cette longue agonie du pauvre qui se termine par la mort du riche. Législateurs, la misère est la plus implacable ennemie des lois ! Poursuivez-la, frappez-la, détruisez-la !

Crédits photo : Louis Chamonin, coll CHN, Archives départementales du Nord

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