ENVIRONNEMENT | VALENCIENNOIS
25 février 2020

De la spiruline made in 59 !

La production de spiruline, complément nutritionnel aux vertus, dit-on, exceptionnelles, se développe dans le Nord. Rencontre avec Jonathan Bulion, qui s'est lancé dans cette aventure.

A 28 ans, Jonathan Bulion a saisi le bon filon. Cet agriculteur installé à Bruille Saint-Amand dans la ferme de ses parents, s'est spécialisé depuis deux ans dans la méthanisation et la fabrication artisanale de spiruline. Un doublé gagnant qui devrait lui assurer des revenus pour les prochaines années.

De la méthanisation à la spiruline

Dans cette famille de céréaliers et exploitants de vaches laitières, le fiston a proposé un autre chemin à la ferme familiale.

Après trois ans d'école agricole à Bapaume, Jonathan souhaite se positionner sur un domaine porteur " qui apporte une vraie plus-value aux agriculteurs et des revenus supplémentaires ".

Ni une ni deux, deux cuves de méthanisation prennent place sur ses terres en 2017. Rapidement, sept fermes alentours deviennent partenaires. "C'est du gagnant-gagnant ! Je traite le fumier des agriculteurs, ils le récupèrent plus riche".

7 000 tonnes de déchets agricoles passent ainsi dans ses cuves (fumier, maïs). Son unité de méthanisation fournit même l'électricité de 400 foyers du village. En effet, le gaz issu des cuves fait tourner un moteur sur-puissant qui produit plus de 2 000 000 kWh d’électricité chaque année.

Pour Jonathan, pas question de perturber le voisinage. "On s'est assuré que le moteur ne gênait pas les voisins en l'enfermant dans un bâtiment spécial."  Soucieux d'adopter une démarche écologique, Jonathan se réjouit d'avoir réduit de 18 tonnes l'utilisation d'engrais sur sa propre exploitation.

Spirulier, un métier d'avenir ?

La chaleur produite permet aussi de développer de la spiruline. Une gageure, car c'est habituellement  sous la chaleur asiatique que cet organisme se plaît particulièrement.

Mais pour Jonathan Bulion, l'un des rares spiruliers du Nord, rien d'impossible : "Autant exploiter la chaleur générée par la méthanisation. Avec les installations adéquates, nous arrivons à produire 2 kilos de spiruline par semaine."

L'activité se développe aujourd'hui dans le Nord. D'autres exploitations se sont lancées dans cette aventure, notamment à Frasnoy, dans l'Avesnois, et  à Aubers.

Deux hommes marchant dans une exploitation
Patrick Valois, vice-président du Département en charge de la Ruralité et de l'Environnement, avec l'un des responsables de la spiruline de la Fresnay

Une super-aliment qui a le vent en poupe

"La culture de la spiruline est à la fois technique et instinctive. C'est une matière vivante qu'il ne faut pas stresser avec des changements brutaux", reprend Jonathan Bulion. Son unité de production tourne bien. Pour gérer les différentes phases, de l'extraction à la déshydratation jusqu'au conditionnement, il a pu recruter un temps plein !

Et pour cause, le succès de cette micro-algue est fulgurant. Elle est reconnue comme un supplément nutritionnel aux vertus exceptionnelles (vitamine A, protéines, anti-oxydants...) et est même devenue en quelques années la figure de proue d'une alimentation saine.

Dans le village,  elle a d'ailleurs ses adeptes. Chaque vendredi soir, Jonathan propose sa spiruline en vente directe et les consommateurs sont convertis. "J'en vends même à la boulangerie ! Un certain nombre d'anciens ne peuvent plus s'en passer, ils font des cures à l'année et se sentent en pleine forme !"

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