AMÉNAGEMENT CADRE DE VIE, ENVIRONNEMENT | AVESNOIS
24 février 2020

Aux petits soins pour le bocage avesnois

José Harbonnier, agriculteur passionné à Gommegnies, est l’un des éleveurs que le Département met à l’honneur cette année sur le Salon de l’agriculture. Depuis 35 ans, il a fait de l’entretien du bocage un engagement quotidien.

L’hiver, ses bêtes sont au repos, à l’étable. Mais José, lui, est toujours sur le pont. Car avec le froid, la sève entame sa descente au cœur des arbres qui plongent alors dans un repos végétatif… C’est la période idéale pour la taille du bocage. Entre deux opérations, nous l’avons rencontré sur son tracteur.

Nord info: Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans la taille de haies bocagères ?

José Harbonnier : Je suis issu d’une famille agricole, je m’étais fait la main sur la petite épareuse de mon père. En 1985, j’ai commencé à travailler dans une entreprise de travaux agricoles où les haies partaient malheureusement en déchetterie ou en pâture. De fil en aiguille, en me mettant à mon compte, j’ai trouvé que la valorisation de ce bois donnait du sens à mon métier.

Entretenir le bocage, c’est technique ?

Cela demande une certaine dextérité. Sur notre machine, on doit respecter la haie et surtout ne pas la blesser. Il faut savoir travailler vite tout en respectant l’intégrité de la plante.

Un tracteur taille une haie
Sur son tracteur, José Harbonnier taille une haie

Pourquoi défendre ce paysage ?

C’est un patrimoine paysager, mais pas seulement ! Le bocage a une réelle utilité. Quand on les laisse pousser et fleurir, ces haies servent de refuge aux insectes et aux oiseaux et contribuent à la biodiversité. Mais elles représentent un coût à entretenir. Malheureusement, avec l’intensification de l’agriculture, les agriculteurs ont commencé à s’en séparer.

La gestion écologique, c’est une mode ?

Plutôt une tendance de fond ! La majeure partie de mes clients cherchent à préserver les terres que leurs familles leur ont laissées. Ils détiennent une chaudière à bois pour chauffer leur exploitation. Je livre aussi des copeaux de bois aux collectivités voisines qui détiennent de grosses chaudières à bois pour chauffer leur salle des fêtes, école, mairie... La haie retrouve petit à petit son rôle d’antan : du bois local utile aux habitants locaux !

Il était temps ?

Oui, il y a une transition à engager pour sortir de la logique purement industrielle. Pendant des années, nous avons façonné la nature aux contraintes des exploitations agricoles modernes. Les agriculteurs se rendent compte aujourd’hui des conséquences de la suppression du bocage : érosion, coulée de boue, inondations… Nos haies sont aussi l’une des clés pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver la ressource en eau.

Des haies et des prairies autour d'un village
Le bocage avesnois autour de Saint-Aubin

Pour le bocage avesnois, le Département est là !

A lui seul, l’arrondissement de l’Avesnois compte 11 500 kilomètres de haies bocagères ! Pour assurer la pérennité de ce patrimoine essentiel à plus d’un titre, le Département du Nord accompagne financièrement sur tout le territoire la plantation et l’entretien de haies à la demande de groupements de communes.

Leur développement sera également encouragé dans le cadre de la charte de bon voisinage, signée en début d’année, pour des rapports apaisés entre agriculteurs et riverains.

Pour aller plus loin