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5 août 2022

"À travers nos espèces, c'est le climat qu'on voit changer"

Devant son objectif de photographe animalier, Thierry Tancrez voit la nature changer depuis cinquante ans. Rencontre avec celui qui est aussi un des animateurs nature du Département.

Il aurait pu continuer de travailler dans la finance. Mais à 29 ans, Thierry Tancrez a fait le choix de devenir animateur nature pour le Département du Nord. Chaque jour, je me dis que j’ai bien fait de changer, je serais passé à côté de ma vie.

Depuis tout petit, il observe la faune et la flore. J'ai grandi au fin fond de la campagne, en face d'une ferme. Je voyais les hirondelles aller et venir. Dans mon potager, j'observais des troglodytes et des hérissons. Ses parents, plus urbains, ne partagent pas son intérêt. Moi, j'étais tout le temps dans la nature. Ce que j'aimais et aime toujours, c'est partager avec les autres ce que j'observe.

Illustration
Image de chevreuils par Thierry Tancrez en juin. Il la partage, comme tous ses clichés sur sa page Facebook "Nature Sauvage Photographies".

Longtemps, il se promène avec des jumelles et une longue-vue. Au début des années 2000, les appareils numériques apparaissent et ouvrent Thierry Tancrez à la photographie. J'ai tout de suite compris les possibilités énormes que ça pouvait me donner : je connais bien les oiseaux, je sais où et quand les trouver, je reconnais leur chant.

Ne lui reste plus qu'à attendre le bon moment pour prendre le bon cliché. Ça peut durer 6 à 7h d'affilée dans un petit espace pour saisir le passage d'un renard ou des cerfs en forêt. On oublie que le temps passe parce qu'il y a toujours des choses à voir. La photographie lui offre ces moments de méditation et de contemplation mais, surtout, lui permettent d'être le témoin de l’évolution de la nature.

Les espèces locales diminuent

Les hirondelles de son enfance se font rares. En 50 ans, leur population a chuté de 70%. Elles ne sont pas les seules. La biodiversité diminue. Thierry Tancrez voit plusieurs raisons à cela, notamment le réchauffement climatique.  Il y a 20 ans, j'allais en Camargue photographier les hérons garde-bœuf. Le Sud est devenu trop sec pour eux, ils sont arrivés dans le Nord.

Les espèces qui se plaisaient dans le Nord, comme les passereaux, les mésanges, les chardonnerets, de leur côté, perdent en densité. Nous avons moins d’insectes, donc moins de nourritures pour elles et, également, moins d’endroits où elles peuvent nicher. 

On trouve dans les espaces naturels du Nord une densité faunistique et floristique supérieure à la normale.

Thierry Tancrez
  • 1/6 - Hirondelle rustique.
  • 2/6 - Écureuil roux.
  • 3/6 - Martin pêcheur.
  • 4/6 - Papillon feuille.
  • 5/6 - Renard roux.
  • 6/6 - Cigogne noire.

Ce sont des îlots de résistance disséminés partout dans le Département. Ils n'ont pas empêché la disparition de certaines espèces, comme le rouge-queue à front blanc au Mont-Noir, mais la plupart ont pu se maintenir et de petits nouveaux s'y installer. Les sittelles torchepot ou les écureuils par exemple.

Il y a 20 ans, ils n’étaient pas là. Les espaces naturels ont réellement un effet attractif.  Si vous y passez cet été, observez bien. Peut-être apercevrez-vous Thierry Tancrez un appareil photo à la main.

Des Rendez-Vous Nature près de chez vous

Des dunes de Flandres aux bocages de l'Avesnois, le Département gère de nombreux espaces naturels dans lesquels il assure la biodiversité et favorise son développement. D'avril à novembre, les animateurs nature du Département proposent à tous des Rendez-vous Nature, pour les découvrir de manière ludique à travers des sorties ou des ateliers. Ces rendez-vous sont gratuits. Il suffit de s'inscrire sur le site Nord Évasion.

Crédits photo : Département du Nord -P.Houze et T. Tancrez

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