AMÉNAGEMENT CADRE DE VIE, ENVIRONNEMENT | MÉTROPOLE
27 novembre 2020

10 000 arbres plantés cet hiver dans les espaces naturels du Nord

La Sainte-Catherine donne traditionnellement le coup d'envoi des plantations hivernales. 10 000 arbres prendront racine cet hiver dans les espaces naturels départementaux, comme les Marais de la Marque où une nouvelle haie a commencé à pousser.

Sous l'œil attentif des vaches Rouge flamande qui pâturent à l'année dans cet espace naturel humide, 360 arbustes d'essences locales ont été plantés le 25 novembre, jour de la Sainte-Catherine, en présence de Jean-René Lecerf, Président du Département du Nord.

Et pour cause, le travail mené dans les espaces naturels n'a jamais cessé, malgré le confinement.

A terme, dans quelques années, ces plants parfaitement alignés formeront une haie dense grâce à la technique du plessage : les bois poussent, sont pliés sans être taillés, pour s'entremêler. Une technique naturelle qui permettra de remplacer la clôture métallique qui clôt aujourd'hui la pâture.

Entre 2011 et 2019, la politique de boisement départementale a permis de planter plus de 385 000 arbres. 10 000 autres seront plantés dès cet hiver dans nos espaces naturels, et 1 000 autres le long des routes départementales

Jean-René Lecerf, Président du Département du Nord

Le développement de ces haies présente de nombreux avantages. La haie produit des baies qui intéressent de nombreux oiseaux remarquables qui nichent sur le site. Elle peut aussi abriter  ici des perdrix, qui s'y refugient avec leurs petits. C'est un réservoir de biodiversité important, explique Rémy Béquart, garde départemental du secteur.

Le boom de l'éco-patûrage

Pour entretenir les Marais de la Marque, les Rouge flamande ont de la compagnie : non loin pâturent également des Bleu du Nord et des moutons boulonnais, deux autres races locales. Un partenariat gagnant avec les agriculteurs du secteur. Sur les deux prochaines années, 4,5 hectares supplémentaires seront mis en éco-pâturage sur le site des marais de la Marque et du bois de la Tassonnière.

Essences locales

Planter une haie permet aussi de maîtriser et de diversifier le choix des espèces qui se développent. En l'espèce, six essences différentes sont représentées, avec une exigence toute particulière.

Les essences que nous utilisons sont labellisées "végétal local", ce qui garantit un patrimoine génétique régional

Jérôme Bacquaert, chargé de mission environnement sur la métropole lilloise

Du 100% local, garanti sans importation, avec un ADN historiquement nordiste. Pour assurer cette traçabilité, les plantations départementales sont d'ailleurs souvent issues de baies, de glands ou d'autres fruits, ramassés deux ans auparavant par des pépiniéristes dans nos forêts ou nos espaces naturels.

Planter plus avec Nord durable

De nombreux autres chantiers de plantations sont en cours dans le Nord, ou seront réalisés durant les prochaines semaines.

1 300 arbres et arbustes ont par exemple été plantés récemment sur le site du Grand Marais de Bouchain grâce à une entreprise d'insertion. L'objectif de cette plantation est de changer le paysage mono-spécifique de la Vallée de la Sensée où les peupliers prennent une large place , explique Corinne Sauvage, garde départementale en charge du site. 

Deux hommes et une femme plantant un arbuste
Plantation d'un arbuste sur le site du Grand Marais à Bouchain

Avec cette plantation, nous allons diversifier les espèces d'arbres pour amener de nouvelles espèces de faune et de flore. Hêtre commun, charme, chêne pédonculé, tilleul, aulne devraient ainsi amener sur le site des fauvettes et mésanges ainsi que de nouveaux insectes. 

Entre Watten et Saint-Omer, sur l'Argilière de l'Aa, c'est une haie qui a été plantée sur une centaine de mètres. Entre les prairies et les pâturages de moutons, elle apportera de nouveaux habitats aux insectes et aux oiseaux très nombreux sur le site.

Avec sa politique Nord durable, le Département du Nord intensifie donc son effort de plantation sur les emprises dont il est propriétaire. Mais il encourage et subventionne également des projets qui peuvent être proposés par des collectivités ou des associations, en milieu rural mais aussi en ville.

Des jardins partagés ou des projets de micro-forêts urbaines peuvent ainsi prétendre au dispositif "plantations et renaturation", doté d'une enveloppe d'un million d'euros chaque année.

Pour aller plus loin