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11 décembre 2020

Un jour, une œuvre : la touche de Rania Werda

Découvrez le merveilleux travail de cette artiste tunisienne, exposée au musée Matisse jusque mi-janvier avec d'autres peintres, sculpteurs et photographes influencés par le maître des couleurs.

L’exposition « Tout va bien monsieur Matisse », présentée actuellement au musée Matisse, met en lumière des créations très colorées d’artistes au fort tempérament : Marco del Re, Erró, Patrick Montagnac, Frédéric Bouffandeau, le collectif KRM… Rania Werda, tout aussi passionnée par la couleur, se place pourtant un peu à contre-courant avec ses œuvres plus intimistes.

Ses impressions sur cuir, son univers féminin, ses coloris rompus, ses femmes qui se dissimulent sans se cacher, instaurent une ambiance feutrée et provoquent un calme intérieur, comme une pause, au milieu de ces univers masculins. Les atmosphères sont variées et emmènent le spectateur en voyage : Afrique du Nord, Espagne, Japon, Mexique, Orient, Occident. Rania Werda fait d’incessants va-et-vient entre sa sensibilité et ses références à l'histoire de l’art.

Cette artiste tunisienne, née en 1984, se passionne pour les reliures des livres sacrés et les ornements ciselés. Elle connait le travail du cuir. N’allez pas voir dans son univers une évocation trop facile de la femme voilée… mais plutôt le souvenir ému pour un tableau peint en 1928 par René Magritte, qu’il intitule Les Amants. Les amoureux s’embrassaient malgré les foulards les dissimulant, signifiant que jamais en amour, on ne se dévoile complétement.

Dans chaque tableau, Rania Werda met en scène une femme : ressortant sur les motifs décoratifs ou se fondant dans le décor, comme les Odalisques de Matisse. Elle crée des ambiances. Mais son œuvre ne laisse pas indifférent. Travailler sur peau est inédit. Le discours est nouveau. La femme est partout : discrète, et pourtant, envahissante.

Crédits photo : Rania Werda

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