CULTURE | CAMBRÉSIS
15 avril 2021

Quand Chagall rencontre Jean de la Fontaine

Derrière les épais murs du Palais Fénelon, dans la salle Tériade, la nouvelle exposition temporaire du musée Matisse se prépare. La vie continue pour nos musées, à huis-clos pour le moment, en attendant de retrouver ce qui leur manque le plus : vous.

C’est avec huit fables de Jean de la Fontaine, illustrées par Marc Chagall dans les années 1920, que le musée départemental a choisi de célébrer le 400ème anniversaire de la naissance de l’un des plus illustres poètes et conteurs de l’Hexagone.

À l’origine de cette œuvre, Marc Chagall. De retour de Russie, il s’installe en Auvergne et peint, entre 1926 et 1927, cent gouaches destinées à l’illustration des Fables. 

De malicieuses gouaches et gravures inspirées par la vie rurale

Totalement fasciné par la nature et la lumière, il s’inspire de la vie rurale et des paysans des alentours pour livrer sa vision de ces écrits tandis que son épouse Bella lui déclame des passages. Il traduira ensuite ces gouaches en gravures à l’eau-forte qui feront la part belle à quantité de nuances de gris et de noirs. 

Gravure Le cygne et le cuisinier de Jean de La Fontaine par Marc Chagall
Le cygne et le cuisinier, Jean de La Fontaine, Fables, Paris, Tériade, 1952. Eaux-fortes originales de Marc Chagall. Donation Alice Tériade, 2000, Musée départemental Matisse, Le Cateau-Cambrésis. 

Trente ans plus tard, c’est Tériade, le fameux français éditeur d’ouvrages d’art, qui choisit d’acquérir les précieuses planches pour réaliser les deux tomes d’un recueil publié en 1952 comprenant les cent gravures, dont 85 coloriées à la main. 

Un ouvrage d’autant plus précieux qu’il fut tiré en 185 exemplaires, dont un appartenant désormais au musée Matisse. Et c’est aujourd’hui huit planches qui viennent d’être retenues et exposées, en attendant de pouvoir être découvertes par le public. 

Fables et autres bestiaires...

Aux côtés de ces planches, toujours sur la thématique du bestiaire animalier, sont également exposées des illustrations d’Henri Matisse, de Joan Miró, de Fernand Léger et d'Henri Laurens. Autrement dit quelques noms prestigieux appartenant à l’Histoire de l’art du 20ème siècle.

Photographie d'Elisabeth Makovska représentant une sculpture de deux hippopotames de Georges-Laurent Badeau.
Elisabeth Makovska, Deux hippopotames. Modèles de Georges-Laurent Badeau exécutés en grès, Manufacture nationale de Sèvres, 1936. Tirage gélatino-argentique développé sur papier baryté, Archives Tériade, Musée départemental Matisse, Le Cateau-Cambrésis.

Toujours sur le même thème, et pour rendre hommage au monumental fonds photographique du musée, des clichés d’Hélène Adant, de Winkler Albert, de Roger Livet, d’Elisabeth Makovska et de Roger Erwe complètent cet accrochage qui ravira à coup sûr petits et grands dès la sortie du confinement.

Un atelier pour les artistes en herbe

En attendant de pouvoir découvrir cette nouvelle exposition, l'équipe du musée vous propose un  tutoriel à faire à la maison le mercredi 21 avril à 14 h. Au programme, la réalisation d'une composition géométrique inspirée de l'œuvre d’Auguste Herbin. C'est gratuit et diffusé sur la chaine YouTube du musée

Crédits photo : "Le cygne et le cuisinier" : ADAGP, Paris 2021. Photo Musée Matisse, Philip Bernard / Photographie d'Elisabeth Makovska : Droits Réservés.

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