CULTURE, JEUNESSE ÉDUCATION | MÉTROPOLE
25 octobre 2022

Susie Morgenstern à la rencontre des élèves du collège Miriam-Makeba

Susie Morgenstern, à qui l’on doit de nombreux ouvrages pour la jeunesse, était l’invitée de la Médiathèque départementale du Nord ce lundi 17 octobre. À cette occasion, l’auteure franco-américaine est allée à la rencontre des élèves du collège Makeba, à Lille-Moulins. Une rencontre inspirante pour les élèves qui avaient de nombreuses questions à lui poser.

Avec les éco-délégués de cet établissement lillois, Susie Morgenstern a évoqué et exposé en début d’après-midi le thème et les idées de son dernier ouvrage, Les Vertuoses, écrit avec sa petite-fille Emma Gauthier. Un livre rédigé à quatre mains, qui traite d’écologie et d’inaction climatique. Mais en matinée, cette grande spécialiste de la littérature jeunesse a pris le temps d’aller à la rencontre de trois classes, notamment la section UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants), pour échanger avec eux sur son quotidien d’auteur, sa soif d’écriture, et cette langue française qu’elle ne connaissait pas quand elle a débarqué à Paris au milieu des années 1960. Je suis venue en France par amour, parce que mon mari n’aimait pas les Etats-Unis, a-t-elle expliqué.

Cette militante de la lecture a ainsi répondu à de nombreuses questions, sérieuses pour certaines, comme les motivations qui l’avaient poussée à se lancer en littérature, plus légères pour d’autres, notamment sur ses lunettes en forme de cœur qu’elle porte depuis ses 14 ans.

"Avec les allophones, j’ai appris un nouveau mot"

A 77 ans, Susie Morgenstern – qui signifie étoile du matin, a-t-elle précisé avec beaucoup de poésie – s’est montrée curieuse, n’hésitant pas à son tour à questionner son jeune auditoire sur ses aspirations. Depuis que je vais à la rencontre des élèves, je ne sais pas combien de classes j’ai pu visiter, mais c’est toujours exaltant. Avec les allophones (personne dont la langue maternelle est une langue étrangère, dans la communauté où elle se trouve), aujourd’hui, j’ai appris un nouveau mot, et j’en suis ravie, car dans mon quotidien, je cherche les surprises, je veux apprendre sans cesse, a-t-elle confié.

L’âge et la mémoire, notamment autour de la question de la transmission, ont également occupé une partie des échanges avec les élèves. On ne pose pas assez de questions, et si on ne pose pas de questions, on n’a pas de réponses. Profitez de vos grands-parents, posez-leur des questions, a insisté l’auteure. A une autre question relative au nombre d’ouvrages qu’elle avait écrit, près de 170, celle qui se compare non sans humour à une usine, allusion à la multitude de livres produits, a souligné qu’elle rédigeait comme quelqu’un qui sait qu’il n’a pas tout son temps, même si chaque livre est un très grand projet, a-t-elle spécifié. Avouant au passage qu’il lui avait fallu quinze années pour écrire Joker sorti en 1999, mais seulement deux pour Galères qu’elle vient de terminer.

Chaque rencontre s’est achevée avec les traditionnelles photos souvenirs. Les élèves de la section UPE2A, quant à eux, ont souhaité marquer le coup, et ont offert à leur invitée de marque différentes pâtisseries traditionnelles de leurs pays d’origine, réalisées par leurs soins.

Crédits photo : Dominique Lampla

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