JEUNESSE ÉDUCATION , FAMILLE SANTÉ | CAMBRÉSIS, TOUT LE DÉPARTEMENT
24 novembre 2021

Harcèlement, violence, discrimination : des professionnelles à l'écoute des collégiens

Le van Nina & Simon.e.s de l'association Solfa a fait halte au collège Pharamond Savary à Gouzeaucourt. L'occasion pour les jeunes de se renseigner et se confier sur toutes les formes de violences qui peuvent survenir dans le cadre scolaire ou ailleurs.

En cette matinée de novembre, le froid ne donne pas trop envie de s'attarder dehors. Mais au collège de Gouzeaucourt, au cœur du Cambrésis, c'est l'heure de la récré. Une horde d'élèves emmitouflés envahit la cour où un petit van jaune est garé pour la journée. Il attire immédiatement les premiers curieux.

Alexis et Darren, élèves de 6e, trouvent que  le camion est beau  et se posent des questions sur l'égalité filles-garçons. Un peu plus loin, Clélia et ses copains de 3e hésitent à s'approcher mais pensent que  c'est bien de pouvoir parler sans que ça sorte 

Se confier anonymement et sans tabou

La confidentialité est en effet une règle absolue pour les deux professionnelles de l'association Solfa venues ce jour-là à la rencontre des collégiens.  Notre rôle est d'assurer une première écoute et d'orienter les élèves vers les partenaires et associations du territoire , expliquent-elles. Harcèlement, homophobie, violences intra ou extra familiales, découverte de la vie affective et sexuelle, etc. : pour elles, aucun sujet n'est tabou. Les premiers échanges ont lieu à l'extérieur du van mais ceux qui le souhaitent peuvent prendre rendez-vous pour se confier anonymement et à l'abri des regards, dans le véhicule. 

Hors de question pour nous bien sûr d'assister aux entretiens mais, à la sortie du van, un élève de 6e se livre spontanément.  Le van est marrant et à l'intérieur, c'est silencieux, on est bien. Les dames sont très gentilles et tu peux leur poser plein de questions, ou parler de trucs que tu n'as pas envie de dire à tes parents. J'avais déjà parlé au surveillant mais il ne savait pas quoi faire. Là, elles te comprennent bien et savent te conseiller. D'ailleurs j'ai un copain qui a des problèmes, je vais lui dire d'y aller. 

En amont, les familles ont été prévenues par courrier de la venue du van et les élèves ont été informés.  Des sujets délicats vont être abordés et on ne sait pas ce que ça peut remuer à la maison , explique Sandrine Beauvois, principale de l'établissement.  Le van fait partie des divers endroits et moments où les jeunes vont pouvoir se confier durant cette semaine. C'est important car ici, les familles restent très discrètes sur leurs difficultés.  Même si dans ce petit collège rural qui ne compte que 236 élèves,  l'écoute se fait au quotidien .

Une écoute bienveillante notamment assurée par Véronique Bricout, infirmière scolaire, qui se réjouit de la venue du van sur la proposition de la Direction de l'Éducation du Département. 

Certains élèves ne nous disent pas tout, et nous le disent ! Rencontrer anonymement des professionnelles qu'ils ne reverront pas peut contribuer à libérer leur parole. 

Véronique Bricout

 Cette semaine, l'infirmière interviendra aussi dans toutes les classes avec une conseillère conjugale du Planning Familial de Cambrai à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Quant au van, il se rendra en mars prochain au collège Jacques Prévert à Masnières.

Crédits photo : Ph. Houzé

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