17 novembre 2021

Harcèlement scolaire : "mieux vaut prévenir que guérir"

Au collège Théodore Monod à Aniche, prévenir le harcèlement et lutter contre ce fléau est une priorité. Parmi une multitude d'actions, deux élèves de 6e ont eu l'idée de créer une "brigade anti-harceleurs" : elle devient une réalité dès cette semaine.

 Le harcèlement, je ne savais pas trop ce que c'était jusqu'à ce qu'on nous en parle en cours d'EMC (Enseignement Moral et Civique). On a appris les signes pour le reconnaitre et les conséquences possibles. Ça m'a révolté et je me suis dit que si on n'agissait pas, ça continuerait . Avec son copain Owen, Lucian a donc proposé de créer une "brigade des élèves anti-harceleurs".

Les deux élèves de 6e ont présenté leur projet à tous les délégués de classe. Une soixantaine d'élèves de la 6e à la 3e se sont portés volontaires et la brigade va entrer en action dès cette semaine, à l'occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l'école. Concrètement, il s'agit de permettre aux élèves qui sont victimes ou témoins de harcèlement de pouvoir se tourner vers des personnes-ressources lors des récréations. Spécifiquement formés pour ne pas être eux-mêmes mis en difficulté, les élèves de la brigade seront toujours accompagnés par des membres de l'équipe éducative.

Illustration
Dans la cour du collège, les membres de la brigade anti-harceleurs sont facilement repérables grâce à leurs brassards jaunes fluos.

La prévention plutôt que la répression

Au collège Théodore Monod, l'équipe éducative ne perd pas une minute pour prévenir le harcèlement.  Quand on présente l'établissement aux élèves de CM2, on aborde déjà le sujet. Et on en parle aussi aux parents lors de la réunion de pré-rentrée en 6e , expliquent Pamela Brunelle et David Dangréau, les deux conseillers principaux d'éducation du collège.  C'est important de mettre des mots précis sur un sujet dont on entend beaucoup parler car les élèves et les adultes ne savent pas toujours exactement ce qu'est le harcèlement .

Avec ses 815 élèves, l'établissement est le plus gros collège classé en REP (Réseau d'éducation prioritaire) du département. L'amélioration du climat scolaire fait partie de ses objectifs prioritaires et la prévention du harcèlement est l'un des fils conducteurs du projet d'établissement.

Tous les élèves ont leur place au collège. Chacun doit pouvoir y venir sereinement, en ayant l'esprit tranquille.

Marie-Hélène Tissot, principale du collège Théodore Monod à Aniche.

La notion de harcèlement, sous toutes ses formes, est au programme de la classe de 6e. L'occasion pour Mathilde Dillies, professeure d'Histoire-Géo-EMC particulièrement investie sur le sujet, d'inciter les élèves à devenir acteurs de la lutte contre le harcèlement. Louane et Séléna ont ainsi créé une affiche et expliquent :  Quand on harcèle une personne, c'est pour la détruire psychologiquement. Souvent on dit que c'est pour rire, mais en fait, c'est grave. 

Manifestement, le message de l'équipe éducative est passé. Pour qu'il soit bien partagé avec tous, les travaux des 6e (affiches, flyers, vidéo) vont être exposés dans la grande salle de réunion. Toutes les classes passeront les voir, puis les élèves seront invités à restituer ce qu'ils ont compris et à proposer des solutions sur deux "arbres" créés par un professeur d'art plastique.

De leur côté, les deux infirmières et l'assistante sociale de l'établissement prennent aussi le sujet très à cœur. Pour Nadine Komorowsky, assistante sociale de l'Éducation nationale au collège,  le harcèlement s'inscrit dans tous les champs du vivre-ensemble. Le problème de la relation à l'autre n'existe pas qu'au collège mais aussi en dehors. Les harceleurs sont souvent des personnes qui vont mal : c'est notre rôle de les aider également. 

L'ensemble de l'équipe éducative du collège se réjouit donc que le Conseil municipal des jeunes d'Aniche s'empare aussi du sujet. Avec le souhait que  chaque alerte, qu'elle arrive au collège ou en dehors, puisse être traitée rapidement afin d'éviter d'en arriver au harcèlement. 

Le dispositif pHARe

Le programme de lutte contre le harcèlement à l'école (pHARE) est un dispositif national généralisé à tous les établissements depuis la rentrée 2021.
En pratique, tous les établissements doivent donc notamment se doter d’ambassadeurs anti-harcèlement, faire un état des lieux pour déterminer un plan d'action, et associer les parents d'élèves à la prévention du harcèlement.

Crédits photo : C. Arnould

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