Environnement | Flandre intérieure
4 mars 2026

Débardage au mont Noir : des chevaux de trait en action

Fin février, dans le parc départemental du Mont-Noir, le Département a organisé un débardage avec le concours de chevaux de trait. L’objectif ? Extraire un certain nombre de châtaigniers, avec un impact le plus faible possible sur les sols sableux du site. Explications !

Et si l’avenir de la gestion forestière passait par des méthodes ancestrales ? Au parc départemental du Mont-Noir, un débardage peu ordinaire s’est déroulé cet hiver. Menée par l’entreprise SMDA (Soins modernes des arbres), spécialisée dans l’entretien des forêts et basée à Wattignies, cette opération consiste à sortir du lieu de coupe des arbres préalablement abattus, et à les transporter en bordure de route.

Sur les hauteurs de ce boisement, il y a une grosse densité de châtaigniers, et ça empêche d’autres essences de se développer, comme le hêtre et le chêne. En coupant un certain nombre de ces arbres, on pourra diversifier les espèces, explique Adrien Destrehem, coordonnateur de la Politique forestière et boisement au Département.

Autre raison invoquée, le caractère envahissant du châtaignier sur cette zone sableuse du bois, et la sauvegarde du milieu forestier. Il faut également prendre en compte le changement climatique. Si demain, les châtaigniers ont une maladie, ça peut décimer un peuplement complet ! Donc on a besoin d’avoir des essences relais ou mixtes pour avoir un bois en bonne santé. Il s’agit d’une coupe préventive : à aucun moment, il n'est question d'alimenter une filière, poursuit Adrien Destrehem.

Pour mener à bien sa mission, SMDA a utilisé sept chevaux de trait (un trait du Nord, un Breton, un Comtois et quatre Percherons) qui se sont relayés pour remonter, à l’aide de chaînes notamment, les arbres préalablement marqués par l’ONF (Office national des forêts). Soit un total de 60 m3 environ à extraire sur la semaine, stockés à proximité sur une zone dédiée. Les chevaux ont offert aux personnels engagés sur ce nettoyage une parfaite accessibilité et une grande facilité de manœuvre. Cela permet aussi de préserver les sols, car l’utilisation d’engins mécaniques aurait pour effet de les tasser, complète le coordonnateur.

Illustration
Deux chevaux de trait remontent la pente du mont Noir, tractant un tronc de châtaignier.

Pour nos travaux forestiers, ce débardage hippomobile est idéal car il répond à plusieurs de nos objectifs : décarboner le transport du bois, atténuer son impact sur nos espaces naturels et soutenir des races locales de chevaux. Voilà un chantier exemplaire et durable !

Patrick Valois, vice-président du Département en charge de la Ruralité et de l'environnement

L’opération se poursuivra en 2027 par un sciage sur site à l’aide d’une scierie mobile. Le bois collecté servira principalement à fabriquer du mobilier (clôtures, bancs, poteaux de randonnée, etc.) à destination de différents Espaces naturels du Nord – au nombre de 6 – pour lesquels les gardes départementaux auront fait une demande. Cette démarche s’inscrit dans une logique de circuit court et d’autosuffisance, conclut Adrien Destrehem.

Nidification : ne pas déranger !

Pourquoi ces débardages ont-ils toujours lieu en hiver, quand les sentiers, sols et pentes sont particulièrement boueux et impraticables ? Pour une raison très simple : entre le 15 mars et le 15 août, bois et forêts accueillent la période de nidification. On ne veut pas perturber les oiseaux en pleine reproduction, précise Adrien Destrehem. Et si les débardages n’ont pas non plus lieu en automne, c’est cette fois-ci en raison du public qui prolonge l’été lors de randonnées et autres promenades.

Crédits photo : Elie Wolfcarius

  • Patrick VALOIS
    Conseiller départemental - Vice-président en charge de la Ruralité et de l'environnement

À lire aussi