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10 septembre 2025
Autisme : comment le Département soutient les personnes concernées
Environ 700 000 Français présentent un trouble du spectre autistique (TSA), dont 100 000 ont moins de 20 ans. Dans le Nord, plus de 1 300 personnes sont suivies à ce titre par la Maison Départementale des Personnes Handicapées. Aides financières, transport, hébergement, temps de répit... On fait le point sur les actions concrètes mises en place par le Département pour les accompagner.
Les troubles du spectre autistique (TSA) sont des troubles du neuro-développement survenant dès le plus jeune âge et qui durent toute la vie. Divers, ils peuvent entraîner un handicap d'intensité variable et un besoin d'aide plus ou moins important en fonction des personnes et du contexte. Ils se caractérisent le plus souvent par :
- des altérations des interactions sociales,
- des problèmes de communication (langage et communication non verbale),
- des troubles du comportement, qui correspondent à un répertoire d’intérêts et d’activités, restreint, stéréotypé et répétitif,
- des réactions sensorielles inhabituelles.
Autant de particularités souvent à l’origine de difficultés d’apprentissage et d’insertion sociale. Pour favoriser l'inclusion des personnes porteuses de TSA, le Département agit au quotidien.
Garantir l'accès aux droits
Guichet unique pour l'accueil et l'orientation des personnes en situation de handicap, la MDPH accompagne 281 546 nordistes. Parmi eux, au moins 1 324 sont porteurs de troubles autistiques (dont 764 enfants).
Si les signes d’autisme repérés entrainent une situation de handicap, une demande peut être déposée auprès de la MDPH. Plusieurs aides financières existent :
- L'Allocation Éducation Enfant Handicap (AEEH). Cette aide est destinée à compenser les frais d’éducation et de soins liés à la situation de handicap de l'enfant de moins de 20 ans. En fonction du régime auquel le parent est affilié, son versement est assuré par la Caisse d'Allocation Familiales (CAF) ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Un complément d’AEEH est ajouté à l’allocation de base si le handicap de l’enfant entraîne des frais plus importants ou des besoins spécifiques.
- l'Allocation Adulte Handicapé (AAH). Elle garantit un revenu minimum pour couvrir les dépenses de la vie quotidienne. Elle est versée par la CAF ou la MSA.
- la Prestation de Compensation du Handicap (PCH). Versée par le Département, elle permet de compenser les besoins liés à la perte d'autonomie. Elle peut être cumulée avec les autres aides citées précédemment.
Proposer des solutions d'hébergement et de services adaptées
Dans le Nord, 222 établissements et services médico-sociaux accueillent plus de 7 000 Nordistes en situation de handicap. Pour les personnes vivant avec un TSA, 208 places spécialisées existent dans 10 établissements différents. Elles peuvent aussi être accueillies sur des places non spécifiques dans d’autres établissements ou bien être prises en charge à domicile ou dans leur milieu ordinaire par les Services d'Éducation Spéciale et de Soins à Domicile (SESSAD).
Pour organiser cette offre d'accueil, le Département du Nord signe avec chaque gestionnaire un contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens (CPOM). Sur la période 2023-2028, cinq millions d'euros supplémentaires ont été mobilisés, notamment pour créer 134 places d'accueil, dont 49 médicalisées, avec l'accord de l'ARS.
Pour respecter chaque parcours de vie, le Département soutient la création de projets d'hébergement innovants, comme les habitats inclusifs. Trois d'entre eux sont déjà dédiés à l’autisme dans le Nord. Quatre autres projets sont programmés, dont 2 devraient voir le jour avant la fin de l’année.
Offrir des moments de répit
Afin de favoriser le développement du bien-être, de l’autonomie et de l’assurance chez les personnes porteuses de troubles du spectre autistique, le Département a créé le programme "Zone de répit Autisme". Plusieurs sites naturels du Nord ont été identifiés comme étant adaptés à l'accueil de personnes autistes, en raison d'un environnement calme, de chemins balisés, d'animaux visibles ou encore par la présence de bancs. Des professionnels de l'environnement accueillent sur place les personnes et leurs familles pour un parcours et des animations offrant un vrai moment de détente.
En lien avec nos agriculteurs, d'autres projets ont émergé, comme la médiation animale à la ferme. Formés par l'association "À la rencontre de nos fermes", soutenue par le Département, ils proposent de vivre des moments d'apaisement en lien avec leurs animaux. Une action particulièrement bénéfique pour les porteurs de TSA.
Parce que tous les enfants ont droit aux loisirs, le Département propose également une aide financière pour les stagiaires du BAFA qui se spécialisent dans l'accueil des enfants en situation de handicap. Objectifs : renforcer la qualité d'accueil des centres de loisirs et offrir un temps de répit pour les parents en période de vacances scolaires.
Dans le Nord, huit plateformes d'accompagnement et de répit sont présentes pour les aidants proches des personnes en situation de handicap. Elles peuvent notamment offrir des séances de soutien individuelles ou collectives entre pairs et orienter vers des séjours vacances.
Poursuivre les partenariats pour favoriser l'inclusion
Pour la scolarisation et le transport des enfants autistes
Pour le parcours de scolarisation des élèves en situation de handicap et notamment porteurs de troubles autistiques, différentes possibilités existent. La MDPH est compétente pour orienter, via une notification de décision, vers l'une ou l'autre de ces solutions, mais elles sont mises en place par l’Éducation Nationale et/ou l’Agence Régionale de Santé.
- ULIS : Une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS) est un dispositif collectif qui permet la scolarisation d'élèves en situation de handicap au sein d'un établissement scolaire, en primaire, au collège ou au lycée. L'orientation d'un élève en ULIS relève de la MDPH, et l'affectation, des services de l'Éducation nationale. Les élèves bénéficient d'une scolarité, d'un accompagnement et d'aménagements organisés selon les éléments inscrits au projet personnalisé de scolarisation (PPS).
- UEMA : Les Unités d'Enseignement en Maternelle Autisme (UEMA) constituent une modalité de scolarisation d’élèves d’âge de l’école maternelle avec TSA, orientés vers un établissement ou un service médico-social et scolarisés dans son unité d’enseignement, implantée en milieu scolaire ordinaire. Elles sont gérées par l'Agence Régionale de Santé (ARS).
- UEEA : Gérées par l'ARS, les Unités d'Enseignement en Elémentaire Autisme (UEEA) concernent plus particulièrement des élèves n’ayant pas acquis suffisamment d’autonomie, de langage et/ou qui présentent à un moment de leur parcours des difficultés substantielles dans leurs relations sociales, de communication, de comportement et de centres d’intérêt. Il s’agit, notamment, d’enfants pour lesquels l’accompagnement par une ULIS ou une aide humaine est insuffisant. Un appel à candidatures lancé par l’ARS est actuellement en cours pour poursuivre le déploiement des UEEA sur le secteur de l’Avesnois.
Depuis 2021, la MDPH utilise des outils communs qu’elle a travaillés avec l’ARS sur le parcours de scolarisation des enfants avec TSA afin que les enseignants référents et la MDPH aient des repères communs dans le but de faciliter l’inclusion scolaire des enfants.
Concernant le transport des élèves, la MDPH propose plusieurs prises en charge destinées à favoriser l'autonomie des jeunes en situation de handicap : le remboursement de l'abonnement, le financement de l'abonnement d'un accompagnateur, l'indemnisation des frais kilométriques ou encore la mise à disposition d'un transport collectif adapté.
Pour le dépistage des troubles
L’autisme – et plus généralement les TSA – se manifeste le plus souvent dès la petite enfance, principalement entre 18 et 36 mois. Pour sensibiliser les équipes d'évaluation aux dépistages précoces, la MDPH travaille en collaboration avec le Centre Ressources Autisme (CRA) Nord-Pas de Calais, porté par l’association Autisme Ressources Hauts-de-France et le Centre Hospitalier Universitaire de Lille.
Crédits photo : Dominique Lampla
