HANDICAP , SÉNIORS | TOUT LE DÉPARTEMENT
29 juin 2020

Un nouveau cap pour les services d'aide à domicile

Le 29 juin, le Conseil départemental a adopté une série de mesures exceptionnelles destinées à accompagner les services d'aide à domicile. Un engagement qui favorise l'attractivité des métiers de ce secteur en pleine mutation.

Au même titre que les soignants, les personnels des EHPAD ou les accueillants familiaux, les intervenants à domicile ont été en première ligne pendant la crise sanitaire. Ces professionnels ont sauvé des vies.

Une mobilisation que le Département a accompagné lors du confinement en apportant chaque semaine des réponses concrètes aux demandes des Services d'Aide et d'Accompagnement à Domicile (SAAD) du territoire, notamment en assurant la livraison hebdomadaire des 150 000 masques commandés par l'Agence Régionale de Santé.

Avec les mesures adoptées le 29 juin en séance plénière, le Département va plus loin et s'engage pour cette profession d'avenir.

Des primes exceptionnelles et une rémunération à la hausse

Premier message fort adressé par la collectivité au secteur : l'attribution d'une prime exceptionnelle de 514 euros en moyenne aux 7 000 intervenants à domicile, exclus du dispositif de prime versée par l'État. 

Le Département du Nord ne peut se résoudre à l'oubli de ces personnels qui se sont engagés quotidiennement pour limiter les drames liés à la pandémie

Jean-René Lecerf, Président du Département du Nord

Cette prime sera financée par le Département sous la forme d'une dotation aux structures et reversée aux personnels.

Pour les intervenants ayant pris en charge une personne souffrant du COVID-19, une prime de 300 euros supplémentaire sera allouée.

Ces primes exceptionnelles s'accompagnent d'une revalorisation de la prise en charge départementale horaire de 21 euros à 22 euros. Cette hausse, qui conforte l'engagement du Nord au-delà de la moyenne nationale de 19 euros, interviendra dès le 1er octobre 2020.

Au total ce sont plus de 10 millions d'euros qui seront investis chaque année par le Département.

Je suis très heureux des positions prises par le Département pour l'accompagnement des plus fragiles. Pendant le confinement, il a confirmé sa disponibilité auprès des professionnels du secteur. C'est un interlocuteur sur lequel nous pouvons compter et qui agit conformément aux valeurs de solidarité qui font le Nord

Arnold Fauquette, fondateur du service d'accompagnement et d'aide à domicile VIVAT à Marcq-en-Barœul

Ces mesures permettent une revalorisation de la rémunération des intervenants à domicile, de nature à favoriser l'attractivité du métier, qui compte encore plus de 2 000 offres d'emplois non pourvues. Les professionnels vont voir leur pouvoir d'achat augmenter, se réjouit Arnold Fauquette. C'est un élément important pour développer le recrutement dans le secteur. 

La décision du Département d'assouplir le plafond du reste à charge pour les usagers dont les revenus sont supérieurs à 2 400 euros par mois va également dans ce sens. Elle était attendue par les structures pour retrouver une plus grande marge de manœuvre financière et revaloriser la rémunération des professionnels.

Un métier en pleine mutation

Si la rémunération est un facteur essentiel pour recruter, elle ne fait pas tout. À salaire égal, certains professionnels choisiront de travailler en structure, comme dans un EHPAD, plutôt qu'à domicile. Le travail à domicile est souvent vu comme une profession où les intervenants sont isolés et sans lien durable avec les bénéficiaires explique Arnold Fauquette. Pourtant, d'autres modèles d'organisation existent pour créer un vrai travail d'équipe.

Ainsi chez VIVAT, les aides à domicile sont organisées par équipe de 4 à 8 personnes, intervenant sur un territoire le plus petit possible, à l'échelle du quartier par exemple.

L'équipe s'organise en autonomie pour gérer l'emploi du temps en fonction des contraintes de chacun. Quand un intervenant ne peut pas se déplacer, c'est lui qui contacte directement la personne pour la prévenir que son collègue le remplacera, et non pas l'agence. Ils assurent également le recrutement de leurs collègues. 

Ce modèle permet aux intervenants de se sentir autonomes et responsables, en reprenant la main sur l'organisation de leur travail, avec l'aide d'un coach et d'un coordinateur médico-social.  

Nous apportons des services humains et nous avons la conviction que lorsque ces services sont rendus par des personnes bien dans leur emploi, ces services sont alors de meilleure qualité. Les 700 familles que nous accompagnons sont satisfaites de ce lien de proximité

Arnold Fauquette, fondateur du service d'accompagnement et d'aide à domicile VIVAT à Marcq-en-Barœul

Cette transformation, le Département du Nord a souhaité l'accompagner en lançant avec la Caisse Nationale de Solidarité à l'Autonomie un appel à projets à destination des services d'aides à domicile désirant se réorganiser. 

Un second appel à projets destiné à améliorer la qualité de vie au travail dans les services d'aide à domicile a également été initié.

Plus de 2,5 millions d'euros sont ainsi mobilisés pour favoriser l'attractivité du secteur sur ce plan entre 2020 et 2022.

Autre coup de pouce pour soutenir le recrutement dans les SAAD adopté par le Département : la sensibilisation des allocataires du RSA sur le métier. 

Les allocataires qui souhaiteront s'engager dans cette voie bénéficieront d'une aide à l'embauche, et aussi d'une aide pour l'acquisition d'un véhicule si besoin. Ils pourront également cumuler pendant 3 mois leur salaire et leur RSA. Dans notre métier, nous accompagnons beaucoup de personnes en difficulté. Nous avons les ressources pour accueillir et former ceux qui souhaitent nous rejoindre et apprendre ce métier d'avenir, souligne Arnold Fauquette.

Pour aller plus loin