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23 juin 2026

Prix Sadlier Stokes : des collégiens sur les traces du soldat Goulding

Le collège Albert-Schweitzer à La Bassée a remporté au mois de mai le prix Sadlier Stokes pour un court-métrage tourné cet hiver sur le thème de la bataille de Fromelles. Fin juin, l’établissement a accueilli élèves et parents pour une restitution du projet primé.

Pour sa première participation au prix Sadlier Stokes, l’établissement nordiste a tapé dans l'œil de l'ambassade d'Australie à Paris et du centre Sir John Monash à Villers-Bretonneux, dans la Somme. Cette récompense met en avant le travail de mémoire réalisé sur le premier conflit mondial, et plus particulièrement sur la bataille de Fromelles, par Jonathan Wajerowski, professeur d’histoire-géographie. Chaque année, avec mes classes de troisième, on travaille sur un aspect différent de cette bataille, mais le concours Sadlier Stokes, c’est une première !, explique l’enseignant.

Cette année, 56 élèves de troisième ont planché sur le sujet en choisissant comme thème l’identification. On est parti de l’histoire d’un soldat mort lors de cette bataille, en l’occurrence John Joseph Goulding, dont le corps a été retrouvé lors de fouilles en 2009, pour raconter son histoire jusqu’à son identification récente grâce à l’ADN, développe Jonathan Wajerowski.

Avec le président Christian Poiret, nous avons fait du devoir de mémoire une priorité de ce mandat. Nous sommes très fiers de voir les collèges s'engager et obtenir des prix comme celui-là."

Marie Cieters, vice-présidente en charge de l'Éducation et des collèges
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Au centre Sir John Monash, les élèves du collège Albert-Schweitzer ont reçu les félicitations d'Harriet O'Malley, l'attachée culturelle de l'ambassade d'Australie en France

Identification et émotions

Le film primé revient sur le parcours de ce soldat, de son engagement en Australie à son arrivée dans le Nord sur la ligne de front. Mené en collaboration avec des partenaires de premier plan (services archéologiques, commission des sépultures de guerre du Commonwealth, musée de Fromelles), ce projet allie recherche rigoureuse et narration engageante, il s’agit d’un travail à forte portée pédagogique, ont souligné les membres du jury pour justifier leur choix.

Pour la réalisation de ce film d’un peu moins de huit minutes, entièrement tourné en langue anglaise, l’enseignant a fait appel à ses collègues de SVT, anglais, français, EPS et musique, qui sont intervenus sur le sujet chacun dans leur domaine. Face à la caméra, les élèves se sont transformés tour à tour en journalistes, archéologues, anthropologues, archivistes et historiens pour mener à bien cette enquête, et montrer comment on arrive à mettre un nom et un visage sur des os retrouvés lors de fouilles.

C’était une expérience super intéressante à tout point vue, raconte Inès, collégienne impliquée dans le projet. Au-delà du film et du travail sur l’identification des soldats disparus, il y avait beaucoup d’émotion. C’est triste pour eux, pour leurs familles qui, du jour au lendemain, n’ont plus de nouvelles, ça m’a bouleversé. C’est pour ça qu’il ne faut pas oublier ce qu’il s’est passé près de chez nous, et transmettre !

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Lors de la cérémonie, Jonathan Wajerowski (à droite avec le prix dans les mains) a fait la connaissance de Joe Flick (au centre), petit-fils de soldat aborigène ayant combattu dans les tranchées lors du premier conflit mondial, avec lequel il a décidé d'entamer un travail commun dès la prochaine rentrée.

Ce projet, c’est vraiment faire de l’histoire autrement, enchaîne Jonathan Wajerowski. Ici, on aborde des valeurs comme le respect, la notion de patrie, de nation, et on essaie de comprendre pourquoi des hommes sont venus de si loin pour participer à une guerre qui n’était pas vraiment la leur…

À la rentrée, ce dernier devrait proposer à ses élèves un travail sur les Aborigènes pendant la Première Guerre mondiale et leurs liens avec Fromelles. Ça fera l’objet de recherches intéressantes, espère-t-il. À cette occasion, on recevra aussi l’aide d’une école aborigène en Australie qui a déjà travaillé sur le sujet, et qui a prévu de venir nous rencontrer en 2027.

Affaire à suivre...

Un prix pour ne pas oublier

Créé en 1989 par le gouvernement australien, le prix Sadlier Stokes – du nom de deux soldats australiens, le lieutenant Clifford Sadlier et le sergent Charlie Stokes, qui s’illustrèrent le 25 avril 1918 lors de la bataille de Villers-Bretonneux, dans la Somme – vise à rappeler le rôle joué par l’Australie pendant la Première Guerre mondiale. Lors de ce conflit, 295 000 soldats australiens ont été déployés sur le front occidental, en France et en Belgique, à plus de 16 000 kilomètres de chez eux, et 46 000 d’entre eux sont morts. Ouvert à tous les établissements scolaires français, ce prix encourage les élèves à explorer cette histoire commune à travers des projets créatifs, originaux et porteurs de sens, rappelle le centre Sir John Monash.

Crédits photo : Centre Sir John Monash

  • Marie CIETERS
    Conseillère départementale - Vice-présidente en charge de l'Éducation et des collèges

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