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19 mai 2025

Nicolas Marfil : "Je veux mettre à l’honneur des institutions qui m’ont aidé"

Rallier Lille à Perpignan en fauteuil en un peu plus d'un mois, c’est le pari un peu fou que va tenter, à partir de ce mardi 20 mai, ce pompier professionnel du SDIS 59. Un périple soutenu par le Département du Nord.

Comment est né ce projet ?

Nicolas Marfil : Le défi de traverser la France en fauteuil roulant, c’est une chose à laquelle je réfléchissais depuis un petit moment. Un truc un peu hors norme pour clore ma carrière de sportif qui a commencé très jeune. Sachant que c’est un événement qui va rassembler du monde, avec beaucoup d’engouement autour, c’est une manière de remercier tous ceux qui m’ont aidé tout au long de ma vie, et surtout tout au long de ma vie d’handicapé. Je voulais un projet avec du sens. Comme je suis quelqu’un d’ultime, faire 1300 kilomètres à la force des bras, ça m’a très vite emballé. 

Mais pourquoi un tel défi ?

N. M. : Ce périple, je ne le fais pas pour moi, je le fais parce que je veux mettre à l’honneur des institutions qui m’ont aidé : l’Œuvre des pupilles des sapeurs-pompiers et le Bleuet de France, qui sont très importantes à mes yeux. Je ne le fais pas pour la notoriété, mais vraiment pour mettre en valeur les pompiers et le monde combattant. On a besoin de ces institutions-là. Malheureusement, on n’en prend pas conscience tant qu’on n’est pas dans le dur. Ce que j’ai toujours cherché dans la vie, c’est aider. Être au service des autres, il n’y a rien de plus louable.

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Départ du périple de Nicolas Marfil à Lille, en présence de Christian Poiret, président du Département, et de Jacques Houssin, président du SDIS du Nord. 

En quoi consiste cette aventure ?

N. M. : Il s’agit de traverser la France en réalisant un marathon par jour jusqu’à Perpignan, avec une avant-dernière étape qui se finit dans la mer à Collioure (Pyrénées orientales). Je veux également rendre hommage de cette manière à tous ceux qui ont lutté, et lors de cette aventure, ils m’accompagneront au moins par la pensée. C’est mon côté kanak qui fait que chez nous, on vogue aussi avec les esprits. Sans oublier que le but de mon défi, c’est de pouvoir récolter un maximum de dons pour faire deux beaux chèques aux associations que j'ai citées. Sur toutes les étapes où je m’arrêterai, on fera en sorte de solliciter un maximum de monde.

Comment vous êtes-vous préparé ?

N. M. :  J’ai commencé par 15 km tous les deux, trois jours, et puis j’ai rapproché les jours et augmenté les kilomètres, soit très rapidement 30 km tous les trois jours. J’ai fini avec une petite dizaine de jours au cours desquels j’ai essayé de rouler tous les jours. En revanche, là où je suis dans l’inconnu, c’est pour la récupération, parce qu’après de gros efforts, on a besoin d’un peu de repos. Comment vais-je pouvoir continuer à performer jour après jour ? Ce n’est pas tout de partir le premier jour, et de faire les 42 km en 6 h, il faut que je puisse aussi les faire le dernier jour entre Collioure et Perpignan. Pour ça, c’est Philippe Delgove, un ami, qui est aussi ostéopathe, qui s’est mobilisé, afin qu’on puisse me prendre en charge tous les trois, quatre jours pour remettre la machine à l’endroit.

Et sur le plan logistique ?

N. M. : Je suis aidé par les pompiers, mais également par l’association des Gueules cassées (l’Union des blessés de la face et de la tête, l’UBFT, créée en 1921), qui me donnent un coup de main. Sur ce défi, je serai accompagné par Patrick Liétard, l’ancien chef de centre du CIS d’Aulnoye-Aymeries. Ça lui tenait à cœur, à lui aussi, de défendre ces deux associations, et sans lui, je n’aurais pas pu partir. Il conduira le camion d’assistance, avec à bord quatre fauteuils de remplacement, qui doivent me permettre de ne pas tomber en rade. Et il m’aidera à resserrer les boulons le soir.

Un défi taillé sur mesure pour ce professionnel du SDIS 59

Nicolas Marfil est adjudant-chef chez les sapeurs-pompiers du Nord, attaché au service communication. Cet ancien militaire qui a servi dans la Légion étrangère, avec cette notion de sacrifice chevillée au corps, est également un athlète handisport de haut niveau avec plusieurs titres et records nationaux et internationaux à son palmarès (athlétisme, aviron indoor ou encore volley-ball assis).
Son défi consiste à traverser la France de Lille à Perpignan en 37 étapes d’environ 42 km, soit une moyenne quotidienne de 8 à 10 heures de fauteuil en fonction des aléas de la route et de la météo. La plus longue étape faisant 58 km, la plus courte, 21 km. Notre interlocuteur traversera notamment les villes de Saint-Quentin, Reims, Troyes, Dijon, Lyon, Valence ou encore Montpellier.
Son arrivée est prévue le 25 juin à Perpignan, après un détour par Collioure. Le XV du Pacifique (sélection nationale militaire de rugby) qui est un de ses parrains, l’accompagnera sur la dernière étape, et lui offrira également un hakka au stade Aymé-Giral, l’enceinte qui accueille habituellement les rencontres de l’USAP. La remise des chèques aux deux associations aura lieu le 27 juin.

Crédits photo : Dominique Lampla

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