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31 août 2022

"M'investir auprès des collègues donne encore plus de sens à mon métier"

Angélique Masquelier est assistante familiale depuis neuf ans. Une expérience professionnelle riche de rencontres, de questionnements et de joies qu'elle a souhaité partager avec ses collègues en devenant assistante familiale ressource.

Ce mardi matin, un calme olympien règne chez Angélique, à Hoymille. Seul Nimbus, le bouledogue français, manifeste sa présence. Ce calme est exceptionnel ! Une partie des enfants est au centre aéré. Quand nous sommes tous réunis, nous sommes huit à la maison !

En plus de ses quatre enfants âgés de 8 à 22 ans, Angélique accueille en permanence deux petites filles confiées aux services départementaux de l'aide sociale à l'enfance (ASE). ma mère était assistante familiale. C'est naturel pour moi d'être entourée d'enfants. Je suis tombée dans la marmite quand j'étais petite ! 

Ce métier intense nécessite une bonne dose d'organisation : contrairement à ce qu'a connu ma mère, aujourd'hui on se déplace beaucoup. Il y a les rendez-vous avec les spécialistes et les référents des enfants, les droits de visite avec la famille,... Le métier a beaucoup changé, il s'est professionnalisé et c'est une très bonne chose. 

 Dans son agenda de ministre comme elle l'appelle, Angélique a néanmoins trouvé le temps de témoigner de son expérience. J'intervenais dans des groupes de travail avec Pôle Emploi pour parler de mon métier ou dans des réunions d'informations organisées par la Protection Maternelle et Infantile (PMI). Je trouvais intéressant de partager mon cheminement. Et puis le Département a créé la fonction d'assistant familial ressource.

Favoriser la pair-aidance

Le dispositif des assistants familiaux ressources est d'abord expérimenté sur le territoire des Flandres et de Lille en 2018. Aujourd'hui généralisé sur l’ensemble du territoire, il regroupe 55 assistants familiaux ressources, pour soutenir plus de 2 600 assistants familiaux. Angélique l'a rejoint en janvier 2019. J'avais envie d'aller plus loin dans mon métier tout en faisant quelque chose pour moi. C'est une nouvelle casquette ! J'ai passé un entretien de recrutement et suivi une formation spécifique.

En tant qu'assistante familiale ressource, Angélique est la passerelle entre ses collègues et le service d'accueil familial. Elle apporte soutien, conseil et réassurance à ses pairs. Se parler entre soi, c'est super ! Ce n'est pas la même chose que parler au service employeur, même s'il est à l'écoute. Entre assistants familiaux, on peut se confier des choses, créer un réseau. Beaucoup d'assistants d'un même territoire ne se connaissent pas encore.

Tous les jeudis matins, Angélique assure une permanence téléphonique et une fois par mois, une permanence physique à la Direction Territoriale des Flandres. J'oriente les assistants familiaux, je leur explique comment poser des jours de congés ou comment faire si un enfant a cassé ses lunettes par exemple. Il y a beaucoup de questions pratiques et surtout beaucoup d'écoute.

Elle participe également à plusieurs groupes de travail sur le métier, aux formations dispensées pour le premier accueil et au jury du Diplôme d'État d'Assistant Familial (DEAF). Avec ses trois collègues assistantes familiales ressources du Dunkerquois, elles fourmillent de projets : nous prévoyons d'organiser des ateliers manuels pour fabriquer des outils pédagogiques, comme des coussins de colère ou des boîtes à cris, qui aident les enfants à gérer leurs émotions.

Lorsqu'elle se penche sur son parcours d'assistante familiale, Angélique réalise à quel point les rencontres et les expériences d'accueil l'ont amenée à se remettre en question. 

Au départ, j'avais un agrément pour un seul enfant. Nous avons accueilli un garçon pendant plusieurs années mais nous sommes allés au bout de ce que nous pouvions lui apporter. Une réorientation a été nécessaire. C'était difficile et je me suis sentie coupable. Pourtant il faut savoir poser ses limites et préserver son équilibre familial, pour être en capacité d'accueillir à nouveau. Ce sont des choses qui peuvent arriver. 

Angélique Masquelier

D'autres enfants ont ensuite traversé le parcours d'Angélique et certaines rencontres l'ont profondément marquée. Ma mère me disait qu'il ne faut pas s'attacher aux enfants, mais l'attachement c'est le cœur de notre métier ! En tant qu'assistante familiale ressource, je peux partager ces réflexions et participer à l'évolution du métier.

300 places en accueil familial 

Afin d'accueillir un nombre croissant d'enfants confiés au Département par la justice, un nouveau plan d'actions pour la protection de l'enfance a été annoncé par Christian Poiret, président du Département. Il prévoit notamment la création de 300 places en accueil familial, en augmentant les agréments et en recrutant de nouveaux accueillants.
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Crédits photo : Philippe Houzé

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