Handicap, Enfance Famille Jeunesse | Valenciennois
27 mars 2026

Dans le Valenciennois, le STAR aide les jeunes vulnérables à se reconstruire

Depuis son ouverture en avril 2025, le service temporaire d'accueil et de répit (STAR) du Valenciennois, entièrement financé par le Département, accompagne déjà près de 40 jeunes en situation de souffrance psychique confiés à la Protection de l’enfance. Nous sommes allés à leur rencontre.

C’est au nord-est de Valenciennes que le STAR (service temporaire d'accueil et de répit) a ouvert son premier établissement. Au centre de Quiévrechain, une ancienne demeure familiale, entourée d’un grand jardin, abrite ce service novateur pour les enfants à double vulnérabilité.

Ici sont accueillis des enfants et adolescents en situation d’handicap psychique confiés au Département : ils y entrent pour des séjours courts, renouvelés et réguliers. Le but : leur offrir un temps de répit hors de leur établissement de protection habituel ou de leur famille d’accueil, et leur offrir toutes les conditions possibles pour se reconstruire durablement, avec l’aide d’une équipe dédiée.

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Linda Stellmaszewski, directrice du pôle social de l'Alefpa, et Norman Bara, chef du service éducatif du STAR.

Aider les "insaisissables"

Linda Stellmaszewski, directrice du pôle social de l’Association laïque pour l’éducation, la formation, la prévention et l’autonomie (Alefpa), a monté le projet. Elle explique : Il existait un manque pour ces enfants qui relèvent à la fois de l’Aide sociale à l’enfance et du champ du handicap (avec notification MDPH).

Les situations sont complexes : beaucoup ont connu des ruptures successives dans leur parcours, et leur santé nécessite un accompagnement spécifique. Ils ne correspondent pas toujours aux dispositifs dits de "situations complexes". On observe également une méconnaissance de leurs problématiques chez certains professionnels, pas toujours formés à ces troubles du développement qui concernent des enfants de plus en plus jeunes. C’est dans ce contexte que nous avons souhaité innover.

Après avoir été retenue lors d’un appel à manifestation d'intérêt du Département, l’Alefpa a rapidement recruté son équipe et effectué les travaux nécessaires à l’accueil des enfants protégés. Norman Bara, aujourd'hui chef de service éducatif du STAR, précise le fonctionnement en continu de la structure : 365 jours par an, 7 jours sur 7 et 24h/24, le dispositif accueille simultanément six jeunes âgés de 9 à 18 ans, chacun disposant de sa chambre individuelle.

  • 1/2 - Enzo, 14 ans, témoigne : "Je viens une fois par mois ici. J'aime beaucoup mes éducateurs et les activités qu'on fait ensemble". Anna, 10 ans, complète : "On a des jolies chambres, et on mange bien, je viens ici un week-end toutes les trois semaines et c'est plus facile qu'avant pour moi"
  • 2/2 - La licorne est la mascotte de la maisonnée, tous les enfants l'adorent !

Un fonctionnement innovant

L’équipe encadrante est composée de sept éducateurs spécialisés, d’un éducateur coordonnateur, d’une maîtresse de maison, d’un agent technique, d’un sophrologue, d’un psychologue et de quatre surveillants de nuit. Le STAR a aussi recours au service d’une infirmière libérale en attendant un recrutement pérenne. Cela peut paraître beaucoup, mais ces enfants ont tellement besoin d’accompagnement individuel que ce n’est vraiment pas de trop !précise le responsable.

Depuis son ouverture en avril 2025, le STAR accompagne ainsi plus de 36 jeunes protégés par le Département. On est là pour le bien-être de l’enfant avant tout, rappelle Linda Stellmaszewski. Notre but, c’est de travailler avec son entourage pour améliorer sa confiance, son équilibre et son autonomie pour qu’il se sente bien ici, évidemment, mais surtout dans son environnement habituel.

La durée des séjours et la temporalité est établie avec les structures médicosociales partenaires : Nous n’accueillons pas d’enfant en période de crise ou d’urgence. L’adhésion de l’enfant au STAR est nécessaire, c’est pourquoi après avoir reçu son dossier, nous faisons un point avec lui et ses référents, et nous lui proposons une période d’évaluation avant de définir ses besoins , détaille Norman Bara.

Ouvrir le champ des possibles

Entre deux séances avec les spécialistes, et l’école pour ceux qui continuent d’y aller, de nombreux ateliers et projets rythment la vie du STAR : ateliers culinaires, relooking, préparation de spectacle, défis… L’Alefpa multiplie aussi les partenariats avec le Centre hospitalier de Valenciennes et les EHPAD en organisant des rencontres intergénérationnelles.

L’association a également obtenu une subvention de la Fondation de France pour créer dans le jardin un espace Snoezelen sous igloo, un tipi de musicothérapie et un chalet pour travailler les liens de parentalité. On fête aussi tous les anniversaires, y compris ceux des membres de l’équipe, et nous organisons des sorties à la piscine, dans les médiathèques du Valenciennois notamment… Tout cela crée du lien et des rituels importants pour l’enfant, précise Norman Bara.

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Un engagement qui paye : On le voit nettement. Les enfants retrouvent de l’assurance, de la confiance et sont plus apaisés. Certains ont pu retourner à l’école alors qu’ils n’en étaient plus capables… les bienfaits sont là ! On a la chance de pouvoir travailler sur le temps long car le Département nous a accordé un agrément pour une durée de 15 ans, se réjouissent les responsables.  

De nouvelles ouvertures

En un an, le STAR affiche presque complet et reçoit des demandes en continue. L’Alefpa projette d’ouvrir deux dispositifs d’hébergement pour situations complexes dans le valenciennois d’ici cet été, dont l’une à Vieux-Condé. Elle a aussi bon espoir d’ouvrir deux autres structures de répit dans la métropole lilloise et le Cambrésis dans un futur proche.

L’association questionne aussi la place du soin au STAR en collaborant avec une sociologue et des étudiants de deuxième année du Centre de formation en travail social (Afertes) d’Arras : elle espère ainsi pouvoir mieux prendre en charge le traitement des enfants à double vulnérabilité qui lui sont confiés. On observe, on ajuste, et on innove en permanence. Si quelque chose nous semble à revoir, on en prend note pour améliorer notre fonctionnement ! C’est enrichissant pour tout le monde, ça se ressent dans notre équipe passionnée et hyper soudée, et surtout dans les progrès que font les enfants !, conclut Linda Stellmaszewski.

NB : afin de préserver la confidentialité des enfants, leurs prénoms ont été modifiés.

Crédits photo : P. Houzé

  • Marie TONNERRE-DESMET
    Conseillère départementale - Vice-présidente en charge de l'Enfance, la famille et la jeunesse

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