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3 juin 2025

Chantal et Francis Ostojski entretiennent la mémoire du Tour de France

Ce couple de Nordistes, collectionneurs de vélos de course, a accepté de nous recevoir pour nous parler de sa passion. Et nous montrer quelques-unes de leurs 64 pièces d'anthologie, qui racontent un siècle de Grande Boucle. Rencontre.

C’est sa dernière récup’, un vélo qui a fait le tour 1966, propriété d’Henri Duez, coureur cycliste de la région dans les années 1960, décédé début mars. Qui sera peut-être exposé au mois de juin à l’occasion du départ de la 112e édition du Tour de France. Rien n’est moins sûr. Francis Ostojski s’applique dans ses restaurations à l'identique avec des pièces d'origine, et pour ce passionné de vélo, aujourd’hui à la retraite, il est inconcevable de bâcler le travail.

D’ailleurs, un rapide détour par son atelier pour constater que le vélo de ce coureur professionnel du Pas-de-Calais, vainqueur du Tour de Catalogne en 1961 et six participations au Tour de France à son actif (de 1961 à 1966), a été démonté pour être entièrement nettoyé et reconstitué à l’identique. J’insiste là-dessus car c’est pour moi le plus important : surtout ne pas dénaturer le vélo auquel je rends son âme et son histoire, souligne notre interlocuteur. Une machine de guerre à laquelle il redonne une seconde vie de musée et d’exposition avec ses accessoires d’époque, maillot, bidon, casquette, et un descriptif de celle-ci – ses heures de gloire sur le Tour – accompagné d’un mot sur son propriétaire.

Illustration
Francis Ostojski dans son atelier.

D’un vélo Louison-Bobet... au vélo de Jean Bobet

 En 1955, mes parents m’ont emmené sur le Tour, j’avais 6 ans ! . Francis Ostojski n’a jamais oublié ce moment, point de départ d’une passion sans commune mesure pour la petite reine. Du haut de mon jeune âge, je n’ai trouvé que des gens souriants et heureux !, se souvient-il. Aujourd’hui, il peut compter sur le soutien indéfectible de son épouse, Chantal, qui l’accompagne dans cette aventure.

D’ailleurs, le hasard fait bien les choses, puisque quand ils se sont rencontrés, tous les deux collectionnaient tout ce qui avait trait aux événements cyclistes régionaux. Qu’il s’agisse du Tour de France, de Paris-Roubaix ou encore du Grand Prix d’Orchies très en vogue à l’époque… À ce moment-là, comme divertissement, il y avait la ducasse du village, le cirque et les courses de vélos !, glisse Chantal Ostojski à ce sujet.

Son époux se rappelle aussi de son premier vélo de course aperçu dans la vitrine du revendeur de cycles local. C’était un vélo Louison-Bobet, tellement beau, mais tellement cher, qu’il est resté deux ans dans la vitrine, évoque notre collectionneur. Et quand mes parents ont voulu me faire plaisir, parce que j’avais bien travaillé à l’école, le vélo en question venait d’être vendu. 

Ironie du sort, quelques années plus tard, quand Francis Ostojski lancera son incroyable collection, ce sera en retapant le cadre d’un vélo sur lequel aura roulé un certain… Jean Bobet, frère de Louison Bobet. Sur le Tour de France, bien évidemment !

Tour de France obligatoire

 Toute la collection de ce couple installé autour de Lille repose sur une spécificité très particulière : les quelque 80 vélos qui entourent le quotidien de Chantal et Francis Ostojski, ont tous connu un Tour de France : sur l’asphalte, les chemins cendrés ou sur la galerie d’une voiture de direction sportive comme mulet…. Pas un ne fait exception !

Tous racontent le Tour de France entre 1909 et 2003, et offrent un panel des nombreuses marques ou fabricants de vélo qui ont jalonné le 20e siècle. Francis Ostojski vous en énumère une petite trentaine sans flancher : qu’elles soient françaises (Peugeot, Motobécane, Alcyon ou Helyett), italiennes (Legnano, Bartali ou Magni), ou belges (Groene-Leeuw, Flandria ou Superia), ce restaurateur minutieux les connaît sur le bout des doigts.

  • 1/3 - Le cadre du vélo d'Henri Duez démonté avant sa restauration à l'identique avec des pièces d'origine.
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La perfection se cache dans le détail

Pendant longtemps, le couple a parcouru les bourses cyclistes, épluché les petites annonces, et fait le tour de la Toile sur des sites de particuliers à particuliers pour dénicher la perle rare. Quand ils ne profitaient pas d’un coup de pouce d’un ami ou d’un coureur qui s’en remettait à eux pour faire revivre une monture. Il me faut parfois plus de deux mois pour restaurer un vélo, glisse à ce sujet le chef d’atelier.

Francis Ostojski pousse la perfection jusque dans le détail. Cadres, potences, guidons et selles n’échappent pas à la règle. Si ses vélos retrouvent ensuite – c’est la petite touche finale – leurs couleurs originelles grâce à une astuce maison, ils sont aussi à nouveau équipés de la mécanique qui a fait leur réputation et façonné leur palmarès. Pour le vélo que je suis en train de remonter, j’ai retrouvé un dérailleur de 1966 en Australie, complète celui qui est également devenu en même temps un spécialiste des pièces détachées de vélo. Toutes marques et époques confondues !

 Une expo à l'occasion du Grand Départ du Tour de France 

Du 27 juin au 15 juillet, le couple présentera une partie de sa collection de vélos de course au B'twin Village. Soit 64 pièces qui racontent un siècle de Grande Boucle.
Exposition "Des machines et des hommes, vélos et coureurs du Tour de France", 4 rue du Professeur Langevin à Lille. Entrée libre.

Crédits photo : C. Arnould

  • François-Xavier CADART
    Conseiller départemental - Vice-président aux Sports et à la vie associative

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