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27 mai 2025
Ces Nordistes qui ont résisté durant les guerres mondiales
En 14-18 comme en 39-45, de nombreux Nordistes se sont illustrés par des actes de résistance, souvent au péril de leur vie. Voici le portrait de quelques-unes de ces figures emblématiques.
Première Guerre mondiale
Louise de Bettignies
Figure de la Résistance durant la Première Guerre mondiale, Louise-Marie-Henriette-Jeanne de Bettignies est née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux.
Dès l'invasion de Lille par les Allemands en octobre 1914, Louise de Bettignies s'engage dans la Résistance et l'espionnage. La jeune Amandinoise est débrouillarde, intelligente, déterminée et polyglotte. Elle est contactée par l'Intelligence Service (service de renseignements extérieurs du Royaume-Uni) qui lui propose de travailler pour eux.
Elle fait passer des hommes en Angleterre, recueille des informations sur les mouvements de troupes ennemies et leurs emplacements.
L'un des derniers messages transmis par Louise de Bettignies annonçait la préparation de la bataille de Verdun en 1916. Une information relayée au commandement français... qui ne l'a pas crue. Le 20 octobre 1915, elle est arrêtée à Froyennes, près de Tournai (Belgique) puis condamnée à mort. Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité. Louise de Bettignies est alors envoyée dans une prison allemande, où elle contracte une pneumonie. Elle s'éteint le 27 septembre 1918, à l'âge de 38 ans.
Léon Trulin
Né à Ath (Belgique) en 1897, il s’installe avec sa famille à La Madeleine puis à Lille. En juin 1915, le jeune Léon part en Angleterre et y effectue des missions de renseignement, notamment dans le Nord.
Le 4 octobre, il est arrêté par les Allemands à la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas. Le 12, il est transféré à la citadelle de Lille et condamné à mort pour espionnage à l'âge de 18 ans. Fusillé le 8 novembre 1915, Léon Trulin est enterré au cimetière de l’Est à Lille.
Eugène Motte
Né le 15 décembre 1860, il est maire de Roubaix de janvier 1902 à mai 1912, mais aussi conseiller général. Il s’est constitué prisonnier le 14 octobre 1914 durant l’occupation de la ville. Il est relâché un peu plus tard, puis de nouveau incarcéré pour avoir refusé de fabriquer des sacs pour les tranchées allemandes. En 1915, il est envoyé au camp de Güstrow en Allemagne, mais s’évade pour organiser le ravitaillement des Français. Il s'éteint à 71 ans, en octobre 1932.
Seconde Guerre mondiale
Charles de Gaulle

Doit-on encore présenter Charles de Gaulle ? Le plus illustre des résistants français de la Seconde Guerre mondiale est né à Lille en novembre 1890. Il rejette l’armistice du 22 juin 1940 demandé par Pétain, et lance dès le 18 juin, son fameux appel qui incite le peuple français à résister et à rejoindre les Forces françaises libres.
En 1943, il fusionne la France libre au sein du Comité français de libération nationale, et en prend la direction. Il dirigera le pays à partir de la Libération en 1945.
Gaston Baratte
Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, titulaire de la croix de guerre, Gaston Baratte est une figure du village d’Ascq. Délégué du Secours national et de la Croix-Rouge française, il fait en sorte de modifier les convocations au Service du travail obligatoire (STO), afin de limiter le nombre d’appelés du village. Il cache également des aviateurs et procure des colis alimentaires pour des prisonniers français.
Gaston Baratte fait partie des 86 victimes du Massacre d’Ascq, perpétré le 1er avril 1944. Il avait 46 ans.
Natalis Dumez
Né à Bailleul dont il fut le maire de 1919 à 1928, Natalis Dumez entre dans la Résistance dès 1940 pour organiser l’évasion de soldats alliés. En avril 1941, il crée avec Jules Noutour un journal clandestin : La Voix du Nord. Sur les 39 premiers numéros, il rédige plus de 400 articles. Mais il est arrêté en 1942. Revenu au pays après la guerre, il reçoit en 1946 la médaille de la Résistance française avec rosette.
Jean-Baptiste Lebas
Maire de Roubaix d’octobre 1918 à mai 1940, deux fois ministre, député jusqu’en 1942 et président du Conseil général du Nord de 1937 à 1940, Jean-Baptiste Lebas est un héros de la Résistance.
En août 1940, il entre en résistance en écrivant une brochure intitulée "Le socialisme continue !", en tant que membre de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière). Las, le 21 mai 1941, il est arrêté. Son réseau, le Comité d’action socialiste survit, mais Jean-Baptiste Lebas va lui, vivre un cauchemar.
Entre 1941 et 1942, il se retrouve en prison à Bruxelles puis à Berlin. Le 21 avril 1942, il subit un interrogatoire de 4 heures et est condamné à trois ans de travaux forcés. Il est envoyé dans une ficellerie et finit par mourir de maladie et d’épuisement vers le 10 mars 1944. Ce n’est qu’en 1951 que sa dépouille sera rapatriée à Roubaix.
Crédits photo : Archives départementales du Nord, Maison natale Charles de Gaulle