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18 octobre 2022

Allaitement : "c'est un choix qui se prépare et qui s'accompagne"

Du 17 au 23 octobre, c'est la semaine mondiale de l'allaitement maternel. Un choix bénéfique pour le bébé et pour la maman, qui peut engendrer quelques questions auxquelles répond Stéphanie Maire-Amiot, puéricultrice et consultante en lactation à Hellemmes.

Stéphanie Maire-Amiot est puéricultrice au service de Protection Maternelle et Infantile (PMI) à l'Unité Territoriale de Prévention et d'Action Sociale (UTPAS) d'Hellemmes. Elle est formée en allaitement maternel et propose des consultations spécialisées, prises en charge par le Département. 

En tant que consultante en lactation, quels conseils pouvez-vous donner aux futures mamans et mamans qui s'interrogent sur l'allaitement ?

Stéphanie Maire-Amiot : la légende voudrait qu'allaiter soit quelque chose d'inné... La plupart du temps, ça se fait tout seul... et parfois non ! Il y a un temps d'apprentissage, la mère et son bébé s'apprivoisent... Tout cela peut faire peur, d'où l'intérêt de préparer ce choix et de se renseigner avant la naissance. On peut commencer par en parler à son entourage et à ses proches puis si besoin, à une sage-femme ou une puéricultrice. L'injonction à l'allaitement est contre-productive car il faut un réel suivi derrière. Et nous sommes là pour ça !

Beaucoup de femmes ressentent de la pudeur, sont gênées de se montrer en public ou auprès de la famille. Là aussi, il est conseillé d'en parler ouvertement à ses proches. Il y a la plupart du temps un manque de confiance en soi : est-ce que je fais bien ? Est-ce que mon lait est assez nourrissant ? Là encore, le soutien de l'entourage, en premier lieu de l'autre parent, est essentiel. On me demande souvent si allaiter fait mal. Ça dépend ! La sensation à l'allaitement au début peut être déroutante, surprenante. Dans tous les cas, des solutions existent pour soulager la maman si besoin. 

Chaque femme fait son expérience avec son nouveau-né. Il n'y a pas de solution radicale et définitive. On a le droit de faire des essais ! Un allaitement exclusif au sein, avec un tire-lait, parfois un allaitement mixte (lait maternel et lait en préparation)... Les consultantes en lactation sont là pour accompagner les mamans dans leurs choix. Autre idée reçue : il n'y a pas d'âge pour allaiter ! Je reçois actuellement une maman de 46 ans !

Quels sont les bienfaits de l'allaitement maternel ?

En allaitant son bébé, la mère lui transmet ses anticorps. Il en résulte un renforcement de son immunité, il lutte mieux contre les maladies. Pour ces raisons, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement maternel exclusif si possible jusqu'aux six mois du bébé, et la poursuite de cet allaitement jusqu'à deux ans et plus, complété par une alimentation solide.

Au-delà des bienfaits pour la santé, allaiter permet la sécrétion de l'ocytocine, cette hormone du bien-être qui apaise le bébé et la maman. Elle facilite la compréhension des besoins de l'enfant et favorise le lien d'attachement. La chaleur, le contact, le peau à peau et la succion ont un effet immédiat sur un bébé qui pleure. C'est presque un super pouvoir !

illustration 
Stéphanie Maire-Amiot

Et l'autre parent dans tout ça ?

Il y a mille et une manières de s'investir et de créer du lien avec son bébé ! Donner le bain, faire du peau à peau, bercer, danser, changer les couches, lire une histoire, masser, jouer... Tout cela est essentiel à son développement. 

Le lien fusionnel entre la mère et son bébé peut faire peur à l'autre parent...et aussi à la maman ! Être la seule personne responsable de nourrir son enfant, ce n'est pas rien. On souhaite alors que l'autre participe. Dans ce cas, après un ou deux mois, on peut recourir au tire-allaitement pour permettre de donner le biberon. On peut aussi choisir de recourir à l'allaitement mixte. Dans ce cas, la puéricultrice expliquera comment s'y prendre pour que le bébé ne rejette pas le sein et que la maman continue à produire du lait. Dialoguer, s'encourager, s'épauler... c'est aussi l'apprentissage de la parentalité.

Je reprends le travail, comment m'organiser ?

C'est en effet l'une des raisons qui amènent beaucoup de mamans à renoncer à l'allaitement, voire à ne pas allaiter du tout : pourquoi commencer alors que dans à peine trois mois, je retourne au travail ? Évidemment, quand on peut prolonger son congé c'est l'idéal, mais comment s'organiser quand c'est impossible ?

Ici, le tire-lait est un bon allié. Il permet au bébé, qu'il soit chez une assistante maternelle ou en crèche, de continuer à être nourri au lait maternel. La clef, c'est d'anticiper ! En essayant le tire-lait d'abord, avec un double pompage pour aller plus vite. Et en parlant de son projet avec son employeur. La loi prévoit la possibilité pour les mamans qui souhaitent allaiter d'avoir une heure ou deux fois trente minutes pour tirer leur lait jusqu'au premier anniversaire de l'enfant. Où pourra t-elle le faire? On peut prévoir une pièce au calme avec une pancarte dédiée quand elle est utilisée, une infirmerie, une salle dédiée dans les grandes entreprises… Et dans le cas d'une crèche d'entreprise, allaiter directement son enfant sur place est aussi une option. À noter, le lait maternel fraichement tiré se conserve 4h à température ambiante, 48h dans un réfrigérateur, 4 à 8h dans une glacière et 4 mois au congélateur. Et pour une bonne digestion, il se déguste à la température du corps de bébé ! 

Semaine mondiale de l'allaitement maternel, renseignez-vous !

Maman ou future maman, plusieurs actions de présentation sont menées sur le territoire du département par les professionnelles de la PMI du 17 au 23 octobre. Vous souhaitez prendre rendez-vous pour une consultation gratuite en lactation avec une sage-femme ou une puéricultrice formée à l'allaitement ? Retrouvez tous les lieux de consultation sur notre carte interactive : 

Crédits photo : Philippe Houzé

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