Santé | Valenciennois
19 février 2026
À Valenciennes, l'association "Midi partage" offre bien plus qu'un repas chaud
Un repas, un abri… voire un tremplin pour la vie : l’association "Midi partage" répond présente pour les personnes en grande précarité. Avec le temps, elle a aussi noué des liens étroits avec les acteurs sociaux du territoire pour développer l’aide alimentaire. Focus sur une structure, soutenue par le Département, qui mérite 5 étoiles !
Dans le quartier du Faubourg de Cambrai, l’ancienne chapelle Saint-Joseph, désacralisée, abrite depuis 2015 l’association "Midi partage". Composée de 15 salariés et d’une quinzaine de bénévoles, la structure accueille les personnes en grande précarité chaque jour pour un repas chaud : le matin et le midi, six jours par semaine.
Cet accueil de jour leur offre un
abri, mais il permet aussi de répondre aux besoins primaires
,
explique François Bultez, responsable de l’association. Au début, les personnes qui venaient à leur rencontre étaient essentiellement des sans domicile fixe. Désormais, nous voyons passer de jeunes retraités, des femmes qui travaillent mais ne gagnent pas assez pour s’en sortir, des personnes à la rue, des mamans… La précarité a pris de nouveaux visages
, témoigne-t-il.

Répondre aux besoins primaires
L’association met à disposition des douches, une laverie,
une bagagerie, et même un petit salon de coiffure : le temps d’un
rendez-vous, chacun s’en remet à Kelly, coiffeuse devenue confidente pour
beaucoup. "Midi partage" est aussi agréée comme adresse postale pour 1000 personnes, et nous proposons la domiciliation bancaire qui leur permet de percevoir leur RSA
, détaille le
responsable. Et puis on est là en soutien, on écoute, on appuie, on oriente vers les bons interlocuteurs en matière de santé, de prévention et de formation si besoin
.
Benoît, sans domicile fixe, est un habitué des lieux :
Ici on se rassemble, on connaît des gens. Ça permet de communiquer,
de retrouver des copains et de prendre de leurs nouvelles autour d’un café. Et puis on peut avoir de l’aide administrative si besoin
. Marc est à ses côtés, il témoigne : Je viens tous les jours, j’en
profite pour donner un coup de main si je peux, et je participe à l’atelier
journal.

Un repas équilibré pour chacun
L'équipe accueille en moyenne une trentaine de personnes au petit-déjeuner, et environ 70 le midi. Le soir et le samedi, nous sommes fermés mais les foyers prennent le relais
, indique Caroline Pouchain, cheffe de service et éducatrice spécialisée au sein de la structure.
Ici, l’équilibre alimentaire est dans toutes les
têtes : Nous récupérons les invendus d’hypermarchés ou de
supermarchés partenaires. Comme on arrive en bout de chaîne, les dates limites
de consommation sont souvent restreintes : on se doit d’être très stricts
sur la traçabilité, on cuisine donc rapidement ce qu'on reçoit
, explique François Bultez. Suite à la restructuration de notre cuisine en 2020, nous avons pu revoir les menus et offrir un meilleur équilibre alimentaire. Cela nous a
demandé de développer aussi des partenariats avec des agriculteurs
, ajoute le responsable.
"Midi partage" collecte quotidiennement des denrées
alimentaires. Elle se charge ensuite du stockage, de la préparation des repas, et
de la redistribution des surplus non cuisinés à une trentaine d’associations,
foyers d’hébergement ou "Restos du cœur" du sud du département. Pour
faciliter la redistribution du vrac donné par les agriculteurs, nous avons également
monté, avec l’aide du Département, un atelier de reconditionnement à Haulchin
qui emploie quatre salariés. Les légumes qu’on collecte sont reconditionnés en
filets de 2 kg. Avec ce système, nous facilitons la vie des associations qui
préparent les colis alimentaires, c’est un maillage qui fonctionne bien
, précise-t-il.
La cuisine comme tremplin de formation
En cuisine, c’est Jenny la cheffe, qui mène la danse, avec le soutien de Sylvain Malaquin, ancien éducateur spécialisé et éducateur technique doté d'une formation de boucher-charcutier. Il y a aussi les petites mains - essentielles - de retraités bénévoles ou de personnes en réinsertion, comme Céline qui vient de décrocher son diplôme de commis de cuisine en décembre.
Outre les repas servis sur place, l’équipe gère un service
de cuisine centrale : Pendant la crise du COVID, le confinement
ne nous permettait plus d’ouvrir nos portes. Exceptionnellement les foyers ont
pu rester ouverts 24h/24, et de notre côté, nous avons commencé à préparer des
plats en barquettes que nous leur avons livrés. Depuis, nous ne nous sommes
jamais arrêtés !
. L’association fournit ainsi 1300 repas par semaine,
dont 700 pour les foyers partenaires.
Une activité continue qui sert aussi de tremplin professionnel
: Certains bénévoles sont d’anciens bénéficiaires en réinsertion
sociale. Ils nous donnent ce qu’ils peuvent, mais quand ils s’engagent, ils
doivent être rigoureux car les repas doivent être servis
, explique
le responsable. En échange, ils reçoivent une attestation de
bénévolat qui est valorisante dans leur parcours d’insertion, et ils peuvent
entamer ensuite une formation diplômante.
Aide alimentaire, accompagnement social, réinsertion professionnelle et maillage territorial : "Midi partage" illustre la force d’une solidarité plurielle. Plus qu’un lieu d’accueil, l’association s’impose aujourd’hui comme un véritable pivot de la lutte contre la précarité dans le sud du département.
Une cuisine qui sait s’adapter !
Deux fois par semaine, l’association chapeaute aussi la tournée de "Cuisine et partage" : un camion-cuisine qui se déplace dans les hôtels, foyers d’urgence, ou tout autre lieu où se trouvent des personnes en situation de fragilité (femmes ou hommes isolés, familles...). Ce dispositif permet aux personnes relogées de retrouver le plaisir de cuisiner comme à la maison. L’association se rend là où le 115 (Samu social) la sollicite, tout en proposant un accompagnement adapté, des aliments équilibrés et une aide à la gestion du budget.
Crédits photo : Isabelle Dalle