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16 mai 2025

À Anzin, la ferme du Galibot cultive la solidarité

Une ferme urbaine en plein cœur d’une ancienne cité minière ? C’est le pari pris il y a cinq ans par la ville d’Anzin, en partenariat avec le Département. Un lieu propice aux activités d'insertion, mais aussi au partage...

Elle est bien cachée, derrière les grands arbres de la rue Léopold-Durand, au cœur de la cité Talabot à Anzin. Un petit parking aménagé permet d’y accéder au croisement de la rue Jean Werth.

Sur un beau terrain de plus de deux hectares, la ferme du Galibot est entièrement dédiée à la culture maraîchère et à la nature. Les habitants l’ont baptisée ainsi pour sa proximité avec le terril 189a.

Un projet de longue date

Ici, ce qui était à l’origine un grand espace vert a été entièrement repensé. En 2020, la ville d'Anzin et le Comité d'Action Pour l'Éducation Permanente (CAPEP), suivis par leurs partenaires, ont imaginé une nouvelle vie pour ce lieu qui servait surtout de terrain de foot.

Annabelle Vilet est responsable du Service insertion par l'activité économique au CAPEP. Elle précise :  L’idée était d’encourager les riverains à s’emparer de ce lieu, mais aussi de proposer une offre de retour vers l’emploi à des personnes en insertion.

Le chantier débute à l’hiver 2023 : près de 150 sujets sont plantés sur le site, dont 20 arbres fruitiers dans le futur verger. Puis 8 ruches sont installées au printemps, ainsi que 84 bacs de culture hors-sol. 120 kg de miel sont ainsi récoltés dès le premier été !

  • 1/3 - Les ruches sont entretenues par le personnel en insertion
  • 2/3 - Une agora a été créée pour les habitants avec les cailloux extraits du sol de culture. Des animations y sont régulièrement organisées.
  • 3/3 - Les jeunes pousses de printemps sortent des planches de culture extérieures

Le montage de la serre, qui recouvre une surface de 1920 m2, se fait à la même période. Et l’aménagement de la base de vie et du parking également, avec l’aide des services techniques de la commune. Les cultures sont lancées dans la foulée, même si le sol de l’espace sous serre demande une lourde préparation, qui se poursuit encore aujourd’hui.

Un chance pour l'insertion

Toutes ces transformations ont été faites avec des Nordistes en insertion suivies par le CAPEP. Au total, 8 équivalents temps plein sont dédiés à l’activité de la ferme urbaine, suivis par un encadrant technique d'insertion et une équipe dédiée. Depuis le début, ils ont participé à la fabrication des éléments, l’aménagement du site, et la culture des sols.

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Sous les 4 tunnels de serre, les personnes en insertion apprennent les techniques de culture

Les personnes qui s’engagent restent ici pour 24 mois maximum. Annabelle Vilet explique : Tous n’ont pas comme projet professionnel de devenir maraîcher. Le travail sur la ferme du Galibot est cependant un tremplin pour eux, dans un cadre ressourçant qui leur permet d’affiner leur projet personnel en découvrant diverses activités qualitatives. Et s’ils trouvent un contrat ailleurs pendant ce laps de temps, il n’y a aucun souci, c’est justement le but !

Un parcours "Premières heures en chantier" existe aussi pour les personnes en situation de grande exclusion. Anthony Burgnies, encadrant technique d’insertion au CAPEP, chapeaute les activités de culture : Nous sommes une entreprise sociale apprenante. Ici, on leur apprend tous les gestes et les techniques en lien avec l’activité de la ferme. Que ce soit pour les cultures, l’apiculture ou la menuiserie notamment. Mais on aide aussi à lever les freins à l’autonomie, en les aidant à reprendre leur santé en main, retrouver un logement ou trouver un moyen de locomotion.

Maria, en insertion depuis 7 mois, témoigne : Ça me fait du bien d’être ici. Je souhaite devenir aide-soignante, je suis en train de me former pour ça. Le CAPEP m’accompagne, et sur cette ferme, j’apprends des choses qui me serviront plus tard.

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Maria est accompagnée par le CAPEP dans son parcours de retour à l'emploi

Un lieu d'échanges pour tous

Les habitants sont aussi les bienvenus. Depuis 2024, des ateliers thématiques leur sont proposés tous les mois. Trocs de plantes, techniques de culture, cuisine zéro déchet entre autres… Des espaces de culture sont aussi à leur disposition, et tous les bénévoles sont appréciés !

Benoît Talarczyk, chargé de mission Développement durable à la ville d’Anzin, témoigne : Il y avait déjà une vie associative sur place avant la ferme urbaine, mais maintenant il y a encore plus d’échanges. Il y a une alchimie qui se crée entre tous. Le lieu est devenu intergénérationnel, les enfants attirent les grands-parents et l’inverse aussi. On échange des bonnes pratiques, c’est enrichissant pour tout le monde.

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Benoît Talarczyk, Annabelle Vilet et Anthony Burgnies sont pleinement engagés aux côtés d'Isabelle Dutrieux, adjointe au Développement et Mobilité durables à Anzin.

Les écoliers et les petits de la crèche participent aussi à diverses activités (chemins sensoriels, lecture de contes écologiques,...). Ils sont aux premières loges pour voir une partie de la production partir à la restauration collective de leur ville. Benoît Talarczyk explique : Nous sommes sur un Territoire bio engagé » et l’objectif est d’avancer encore plus en fonctionnant en circuit très court. Ici la restauration scolaire et celle des aînés représentent 1200 repas par jour ! À terme, on espère pouvoir approvisionner davantage la cuisine centrale en produits végétaux, et on aimerait aussi pouvoir proposer des paniers aux habitants.

Son collaborateur, Anthony Burgnies suit les cultures, et précise : Les premières récoltes ont été faites en 2024. Pour le moment elles sont mitigées, il faut entre 3 et 5 ans pour redonner vie au sol et le rendre fertile. Mais il y une super dynamique entre tous, on réussit déjà à faire de très belles choses !

Vous l’aurez compris, la ferme urbaine du Galibot, c’est un lieu de vie par excellence ! Ici tout le monde est moteur : élus et partenaires, mais aussi et surtout, le personnel en insertion et les habitants. Et comme le terrain est alloué par la ville pour une période de 12 ans renouvelable, la nature aura le temps de s’épanouir et de donner le meilleur d’elle-même... elle aussi !

Des partenaires unis dans le temps

À Anzin, on souhaitait depuis longtemps développer l’agriculture urbaine en y intégrant des actions d’insertion. En 2020, un appel à projets de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a donné l’impulsion à ce projet. Dès lors, la commune et le CAPEP, soutenus par Valenciennes Métropole, le Département, l’État et la Région Hauts-de-France ont travaillé de concert pour faire naître cette ferme urbaine, ouverte à tous.

Cofinancé par l'Europe, l'État et Département du Nord

Crédits photo : Cédric Arnould

  • Doriane BÉCUE
    Conseillère départementale - 1ère Vice-présidente en charge du Retour à l'emploi et de l'insertion

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