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26 janvier 2026

Lili Keller-Rosenberg, infatigable témoin de la Shoah

Survivante de la Shoah, Lili-Keller Rosenberg transmet inlassablement son histoire aux jeunes générations. Bientôt, sa maison d'enfance, située à Roubaix, deviendra un centre mémoriel consacré à la déportation des enfants.

Transcription textuelle : 

[Lili Keller Rosenberg, rescapée de la Shoah] Vous savez, au début, en rentrant de déportation, je me demandais mais comment se fait-il que j'ai survécu ? Si peu d'enfants sont rentrés. Mais la constatation a été que je suis là. C'est parce qu'il fallait en parler. Pour moi, c'était évident. Pour qu'il n’y ait plus ces horreurs. Que plus jamais ça ne se reproduise. C'est pour cela que j'ai commencé à témoigner. Pour que les jeunes comprennent qu'ils ont un rôle à jouer et que quand il n'y aura plus de déportés, c'est eux qui auront à transmettre à leur tour. Ce sont... je les appelle toujours mes petits messagers. Ils écoutent d'ailleurs d'une façon impeccable. Je suis toujours très émue de voir à quel point ils sont à l'écoute. Donc il faut qu'ils combattent le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie. J'ai confiance en eux, je sais qu'ils feront du bon travail et c'est pour ça que je témoigne sans fin pour qu'ils n'oublient pas et sachent transmettre à leur tour.

[Journaliste] Que pensez-vous des voyages mémoriels comme ceux organisés par le Département ? [Lili Keller-Rosenberg] Au début, c'était difficile, mais après quelques années, j'ai accompagné tous les élèves qui se rendaient dans les camps. La plupart du temps, bien entendu, à Auschwitz, mais pas seulement. C'est le camp type, mais j'allais également dans le camp où j'étais : Ravensbrück, Bergen-Belsen. J'ai fait plusieurs camps, toujours pour accompagner les élèves et leurs enseignants. Et c'est bien pour ces jeunes d'avoir quelqu'un qui a vécu cette période horrible et dans ces camps terribles. Donc c'est toujours un succès pour moi que d'accompagner ces jeunes

[Journaliste] Parlez-nous de ce lieu mémoriel qui va être créé dans votre maison à Roubaix ? [Lili Keller-Rosenberg] Vous savez, la maison mémorielle, ça me ravit. C'est le Département qui a acheté la maison. Nous en avons un peu partout, des lieux qui parlent de déportation, en général, adulte. Mais là, ce sera la déportation, tout spécialement dédié aux enfants déportés. Donc ça a un sens plus profond et je suis persuadée que ça marchera à fond. Les élèves sont capables de choses magnifiques et j'ai confiance en eux. Ils ont de bonnes idées. Ils pourront non seulement s'investir à fond sur ce problème, mais même y apporter leurs idées et le bien vivre. Vous voyez, le vivre ensemble, c'est important. Et ces jeunes, y tiennent et feront tous ensemble que cette maison ait un sens très profond. Quand on y viendra de partout, ce sera dédié, bien sûr, tout spécialement aux élèves, mais pas seulement. Tout public pourra venir et ce sera un lieu où ils apprendront encore. Toujours, avec ce côté indispensable de transmission.

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