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26 juin 2025
Les pieds sur terre mais la tête déjà dans les étoiles
Astrophysicienne, mathématicienne et astronaute ! Tout juste sorties de l’enfance, Thalya, Sarah et Nouryne savent déjà ce qu’elles veulent faire plus tard. Ces trois collégiennes, qui viennent de participer à Sciences Collège Nord, dispositif gratuit financé par le Département, ont profité de cette expérience pour affirmer haut et fort leur vocation.
Je veux résoudre la conjecture de Syracuse !
C’est la réponse étonnante faite par Nouryne, 12 ans, élève de sixième du collège Lucie-Aubrac à Tourcoing, lorsque vous l’interrogez sur ce qu’elle veut faire quand elle sera grande. L’adolescente n’en démord pas, et vous explique en quelques secondes les tenants et les aboutissements de ce problème mathématique qui défie les chercheurs depuis plus 80 ans.
À l’heure où on estime, selon certains travaux, comme ceux du magazine L’Étudiant sortis fin 2021, que les études scientifiques auraient moins de succès auprès des femmes, les témoignages des trois collégiennes tranchent un peu avec le contexte actuel. C’est une élève unique, qu'on ne rencontre qu'une seule fois dans sa carrière
, glisse d’ailleurs à son sujet Mohamed Djelassi, son professeur de physique-chimie. Cette année, dans le cadre de Sciences Collège Nord, il a fait réfléchir ses élèves sur un vêtement durable dans un monde futuriste menacé par la montée des eaux. Je pense que la science n’a pas de genre
, explique Nouryne. Les qualités requises pour travailler dans le domaine scientifique ne sont ni masculines ni féminines, juste humaines. Il faut combattre ce genre de stéréotypes.
Avec Sciences Collège Nord, nous affirmons depuis 27 ans que la curiosité, l’expérimentation et l’esprit critique n’attendent pas l’université pour éclore. Ce dispositif exemplaire, soutenu par le Département du Nord, ouvre à tous les collégiens les portes des sciences, de la créativité et de la coopération. Un bel engagement collectif pour éveiller les chercheurs de demain.
"Nous sommes aussi fortes que les garçons"
Thalya, élève de sixième du collège Jean-Baptiste-Lebas à Roubaix, est passionnée d’astronomie. Elle rêve de devenir astronaute, et veut être la première femme à aller sur Mars ! Elle a profité de l’animation portée par le Département pour se projeter dans un univers qu’elle connaissait déjà bien, et croquer avec gourmandise dans cette année scolaire : grâce à Sciences Collège Nord et à son professeur de physique-chimie Fabrice Willaert, elle a pu se familiariser encore un peu plus avec les planètes. De nos jours, on différencie encore les femmes et les hommes, alors que tout le monde peut aller dans l'espace
, affirme-t-elle. En fait, il n’y a pas de contre-indications, nous sommes aussi fortes que les garçons. C’est pour ça que devenir astronaute ne me fait pas peur
.
Le constat est le même chez Sarah, actuellement en cinquième au collège Romain-Rolland de Waziers, aussi passionnée que Thalya par l’infiniment grand. Pour moi, il n'y a pas de raison que je ne puisse pas y arriver parce que je suis une femme, ou qu’on me mette des barrières
, insiste-t-elle. C'est un milieu qui est ouvert à tous, à condition de travailler.
Troisième collégienne à être tombée dans la marmite de la science, notre jeune interlocutrice s’est montrée très enthousiaste tout au long du projet
, comme le précise Stéphane Guislain, son professeur de physique-chimie. Cette élève, qui, depuis deux ans environ, rêve d’astrophysique (une branche de l’astronomie qui concerne l'étude des corps célestes) et a comme livre de chevet, excusez du peu, Physique Quantique de Marc Humphrey, Paul Pancella et Norah Berrah, maîtrise le nom d’un certain nombre de constellations quasiment sur le bout des doigts.
Kalpana Chawla, un exemple pour Nouryne
Aujourd’hui, si toutes les trois ont conscience qu’elles risquent d’être minoritaires par rapport à leurs camarades masculins en école d'ingénieurs, à l’université, dans un IUT ou en classe prépa, elles briguent ouvertement un parcours scientifique. Je ne me suis pas encore vraiment renseignée sur les études que je pourrais faire plus tard, mais je ne vois pas pourquoi, parce que je suis une fille, je devrais faire autre chose
, explique Sarah.
Nouryne rebondit sur le sujet en évoquant un de ses modèles, l’astronaute américaine d’origine indienne Kalpana Chawla, disparue le 1er février 2003 dans le ciel du Texas avec six autres membres d’équipage, lors de la désintégration de la navette Columbia dans l’atmosphère terrestre, à son retour de mission. C’était la première Indienne à aller dans l’espace, et elle a montré qu’il fallait toujours croire en ses rêves
, ajoute-t-elle.
Une collégienne bientôt sur Mars ?
Si Sciences Collège Nord, en place depuis près de 30 ans, n’entend pas régler ce déficit d’intérêt de la part des jeunes femmes pour les filières scientifiques, le dispositif met tout de même en exergue quelques vocations. Quand je vois comment ma fille s’est investie tout au long de l’année scolaire sur son projet, je suis ravie qu’elle ait pu participer à ce programme
, apprécie Noémie, la maman de Thalya. Sa passion pour l’astronomie est née il y a quelques années lors d’un reportage sur l’espace, et depuis, ça ne la quitte plus. On lui a offert son premier télescope à 6 ans pour Noël, et elle n’hésite jamais à scruter le ciel dès que l’occasion se présente.
J’ai entendu, lors d’une interview, que la NASA estimait que la première personne qui irait sur Mars était actuellement au collège ou au lycée. Donc cette personne est peut-être là devant nous !
, conclut Fabrice Willaert, devant Thalya tout sourire.
Sciences Collège Nord : un dispositif précurseur pour la découverte des sciences
Sciences Collège Nord est un dispositif gratuit unique en France, coordonné depuis 27 ans par le Forum départemental des Sciences de Villeneuve-d’Ascq. Il est financé par le Département du Nord, soutenu par le rectorat et l’inspection académique de Lille, et la Région Hauts-de-France.
Il est ouvert à tous les collèges du Département (de la 6e à la 3e, y compris les classes de SEGPA) qui réfléchissent selon un thème donné à un projet bien précis, qu’ils développent tout au long de l’année, avant de le présenter début juin.
Cet événement restitué au Forum départemental, débouche sur différents prix. Cette année, le prix Coup de cœur des collégiens a été remis au collège Guy-Mollet de Lomme ; le prix de l’Interactivité au collège Romain-Rolland de Waziers ; le prix de la Scénographie au collège Sainte-Marie de Beaucamps-Ligny ; le prix de la Maîtrise du sujet au collège Jean-Moulin de Flines-lez-Raches ; le prix de l’Investissement des élèves au collège Saint-Joseph de Lille ; et le prix de la Débrouille au collège Lucie-Aubrac de Tourcoing.
Crédits photo : Cédric Arnould

