Santé
9 février 2026
Les bons réflexes pour se protéger contre le monoxyde de carbone
En 2024, 683 personnes ont été prises en charge par les sapeurs-pompiers du Nord pour des intoxications liées au monoxyde de carbone. Des accidents qui, pour la plupart, pourraient être évités. Voici les bons réflexes à adopter.
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz toxique issu d'une combustion incomplète de bois, charbon, gaz, fioul ou essence. Il est capable de se mélanger très vite à l’air de votre logement : inodore, incolore et insipide, il est particulièrement difficile à détecter sans appareil dédié. Une fois inhalé, il prend la place de l’oxygène dans votre sang et peut entraîner en quelques minutes une perte de connaissance, voire un décès.
Qu'est-ce qui favorise les intoxications ?
Les intoxications surviennent principalement entre l’automne et le début du printemps, lorsque les logements sont moins aérés et que le chauffage est fortement sollicité. On le constate le plus souvent au sein du foyer (maison, appartement), parfois dans des garages, caves ou locaux mal ventilés, là où des appareils à combustion fonctionnent porte ou fenêtre fermée.
Des intoxications ont aussi été observées lors de l'utilisation inadaptée de groupes électrogènes ou de braseros en intérieur. Dans le Nord, les sapeurs-pompiers interviennent chaque année pour plusieurs centaines de cas.

Quels symptômes doivent alerter ?
Les premiers signes semblent souvent sans gravité, ce qui explique que beaucoup de victimes ne se rendent pas compte immédiatement du danger. Les symptômes qui doivent vous alerter sont les suivants :
- Maux de tête inhabituels et persistants ;
- Fatigue intense, sensation de faiblesse, vertiges ;
- Nausées, vomissements, et parfois douleurs thoraciques ou difficultés à respirer.
Si plusieurs personnes au sein de votre foyer présentent simultanément ces signes, surtout en période de chauffage, vous devez suspecter une intoxication au monoxyde de carbone ! À un stade plus avancé, l’intoxication peut entraîner des troubles du comportement, une perte de connaissance puis, si rien n'est fait, un coma et le décès. Surveillez aussi vos animaux de compagnie : votre chat ou votre chien peut également exprimer des signes identiques d'intoxication.
En cas de suspicion, vous devez immédiatement aérer, arrêter les appareils, évacuer les lieux et appeler les secours (18 ou 112).
Quels appareils doit-on surveiller ?
Tout appareil à combustion mal entretenu, mal réglé ou mal ventilé peut produire du monoxyde de carbone :
- Chaudières au gaz, fioul, bois ou charbon ;
- Chauffe‑eau et chauffe‑bain ;
- Poêles (gaz, bois, pellets… ), inserts de cheminée, cuisinières à gaz, bois ou charbon ;
- Chauffages d’appoint fonctionnant au gaz, pétrole ou autre combustible ;
- Groupes électrogènes, moteurs de véhicules ou d’engins fonctionnant avec de l'essence dans un lieu mal aéré ;
- Braseros, barbecues et appareils similaires utilisés en intérieur.
Le risque augmente fortement si vos conduits de fumée sont encrassés ou bouchés, si les bouches d’aération sont obturées ou si vous faites fonctionner longtemps un chauffage d’appoint dans une pièce peu ventilée. Les appareils électriques ne sont pas concernés par les intoxications au monoxyde de carbone. Pour autant, il faut aussi veiller à les utiliser et les entretenir correctement pour prévenir notamment les risques d'incendie.
Concrètement, comment protéger mon foyer ?
Pour réduire fortement le risque d’intoxication au monoxyde de carbone, vous pouvez adopter ces quelques bons réflexes au quotidien :
- Faites entretenir chaque année vos chaudières, chauffe‑eau et poêles (gaz, bois, pellets…) par un professionnel qualifié et faites ramoner vos conduits et cheminées au moins une fois par an.
- Aérez votre logement au moins 10 minutes par jour, même en hiver, et ne bouchez jamais les grilles ou bouches d’aération, même en cas de courant d’air.
- Respectez les notices d’utilisation de vos appareils à combustion, ne les faites pas fonctionner en continu lorsqu’ils sont prévus pour un usage d’appoint uniquement.
- Si vous venez d’acquérir ou d’installer un nouvel appareil de chauffage, veillez à vous assurer auprès d’un professionnel qualifié de la bonne installation et du bon fonctionnement de l’appareil avant sa mise en service.
- N’utilisez jamais de brasero, barbecue, cuisinière ou four pour chauffer une pièce ; ces usages détournés sont particulièrement dangereux !
- En cas de coupure d'électricité ou d'usage ponctuel : installez toujours les groupes électrogènes à l’extérieur de l’habitation, en plein air, à distance des ouvertures, et ne les faites jamais fonctionner dans un garage, une cave ou une véranda fermée.
- En complément, vous pouvez installer un détecteur de monoxyde de carbone conforme à la norme NF EN 50291 ; cet équipement ne remplace pas l’entretien mais ajoute une alerte précieuse en cas de fuite.
Dans un logement sain, le taux de CO mesuré dans l'air ambiant, lors de l'entretien annuel de votre chaudière, doit être inférieur à 20 ppm (parties par million) pour être considéré comme normal. Entre 20 et 50 ppm, une anomalie est détectée nécessitant des vérifications. Au-delà de 50 ppm (équivalent à 55 mg/m³), le danger est grave et l'appareil doit être arrêté sur le champ.
En cas de doute, gardez en tête une règle simple : si vous ressentez des maux de tête, de la fatigue ou des nausées en présence d’un appareil à combustion, arrêtez‑le, aérez largement, sortez à l’air libre avec vos proches et appelez immédiatement les secours (18 ou 112).

Crédits photo : Istock, SDIS59
