18 juillet 2025

La tour Kennedy tire sa révérence

Avec ses 95 mètres de hauteur, elle était la tour d'habitation la plus haute au nord de Paris, et constituait un repère visuel pour de nombreux habitants de la métropole lilloise. Ce dimanche 20 juillet, la tour Kennedy située dans le quartier des Oliveaux à Loos, près de Lille, a été détruite par foudroyage. On vous raconte son histoire.

La tour Kennedy aura marqué une partie de la population de la métropole lilloise pendant un peu plus de 50 ans. Cet immeuble de grande hauteur (IGH) s’inscrit au cœur d’un grand ensemble d’habitations édifié à la fin des années 1960. Il offre alors un peu plus de 1500 logements répartis sur 15 immeubles et 42 hectares, situés à la périphérie ouest de la commune dans un nouveau quartier loossois voulu par la municipalité d’alors, et réalisé à l’époque par l'Office départemental d'HLM du Nord (aujourd’hui Partenord Habitat).

Des T2 au centre, des T3 dans les angles

La tour Kennedy fait partie de la deuxième tranche des travaux. Elle est achevée en 1969, et a pris son nom le 16 décembre 1966 par délibération du conseil municipal. Initialement prévue à 22 étages pour 146 logements, elle comporte au final 27 étages et 220 logements (108 logements de deux pièces et 112 logements de trois pièces).

Son plan, hexagonal, évoque plutôt un rectangle. La tour comporte trois sous-sols accueillant notamment les caves. Le stationnement des véhicules, prévu en extérieur, est localisé sur son flanc ouest. Le rez-de-chaussée est partiellement surélevé. Il comprend, au centre, les deux entrées traversantes, le hall desservant les ascenseurs (deux groupes de deux), un garage à poussettes, une loge, et, côté nord et sud, quatre logements T3 disposés par groupes de deux. Au-dessus, on retrouve les 27 étages habitables, chacun étant pourvu de huit logements : quatre logements T2 disposés au centre de la tour, et quatre logements T3 disposés dans ses angles.

Espaces de circulation et ascenseurs sont concentrés au cœur de l'édifice. À chaque étage on accède aux logements, surélevés par de courts escaliers. Une stricte compartimentation horizontale (tous les deux étages) permettant ainsi de répondre aux contraintes de sécurité des IGH.

  • 1/5 - La tour Kennedy vit ses derniers jours.
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La démolition de la tour Kennedy marque une étape symbolique mais nécessaire dans la transformation urbaine du quartier. Ce chantier, au-delà de l’image forte qu’il véhicule, ouvre la voie à un renouveau urbain plus harmonieux, plus vert, et mieux adapté aux besoins des habitants.

Valentin Belleval, vice-président en charge de la Voirie et des infrastructures, et président de Partenord Habitat

Rénovation et développement des services

Au début des années 1990, le quartier des Oliveaux fait l'objet d'une réhabilitation dans le cadre de la politique de rénovation urbaine. La réhabilitation de la tour Kennedy, qui accueille alors 550 habitants, est pilotée en 1994-1995 par l’architecte Francis Bouron. Parmi les différents travaux, on peut citer l’agrandissement des chambres pignons des quatre derniers étages en supprimant les balcons existants, une remise aux normes techniques (fluides, ascenseurs, protection incendie), mais également la suppression des logements du rez-de-chaussée au profit de locaux dédiés à l'accueil et à la sécurité. À noter aussi la construction d’un bâtiment de 186 m2 accolé au pied de la tour, comportant une mairie annexe, un centre de PMI et un bureau de poste. 

Aujourd'hui, la tour Kennedy ne répond plus aux normes actuelles des bâtiments, notamment en termes d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. La mise aux normes, couplée à des frais de gestion déjà très lourds, aurait été bien trop coûteuse. Le 20 juillet, des explosifs ont été placés dans la tour afin qu'elle s'écroule sur elle-même. 

Focus sur un chantier modèle en matière d’économie circulaire

La démolition de la tour Kennedy s’accompagne d’un engagement fort en faveur du recyclage et du réemploi. 19 000 tonnes de gravats seront évacuées, et 90% du béton sera recyclé pour être réutilisé dans la construction de nouvelles infrastructures routières. En parallèle, un dispositif de réemploi et de recyclage des matériaux a été mis en place.122 tonnes d’éléments réemployables - sanitaires, éviers inox, pavés, dalles de façade - seront triées et réintégrées dans des filières spécialisées. Ce chantier devient ainsi un exemple concret d’économie circulaire, minimisant l’impact environnemental.

Crédits photo : Archives départementales du Nord, fonds du Centre d'études techniques de l'Équipement / Ph. Houzé

  • Valentin BELLEVAL
    Conseiller départemental - Vice-président en charge de la Voirie et des infrastructures

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