Culture | Avesnois
24 juillet 2026
Il était une fois...la dernière expo du MusVerre testée en famille
Une expo où l'on croise des dragons, des licornes et Alice au pays des merveilles ? "On y va !" ont répondu Paul (8 ans) et Maël (10 ans). C'est parti pour une balade au cœur des contes et légendes fantastiques, particulièrement adaptée à l'imagination débordante des enfants.
Pour ses dix ans, le MusVerre a souhaité rendre hommage à l'émerveillement que suscite le travail du verre, à la fois pour celles et ceux qui le maîtrisent mais aussi pour celles et ceux qui l'observent. C'est dans cet univers merveilleux, à la frontière du réel et du rêve, que l'exposition Enchanté, la fabrique des histoires, nous invite. Est-ce que ça va faire peur ?
s'inquiète Paul. Mais non, c'est pour de faux. Et comme ce sont des animaux en verre, ils ne bougent pas !
lui répond Maël. Vraiment ?
Mythes et légendes
Le premier chapitre de cette fabrique à histoires nous plonge dans les mythes et légendes qui ont façonné et nourri notre propre imaginaire. Dans cette partie, plusieurs œuvres sont issues du travail de jeunes créatrices du Centre Européen de Recherches et de Formation aux Arts Verriers (CERFAV), comme la magistrale Carapace céleste d'Anaïs Pégourié. Elle évoque l’histoire du titan Atlas, condamné par Zeus à porter la voûte céleste sur ses épaules après avoir été vaincu. L’artiste dévoile ainsi son engagement pour la sauvegarde de l’environnement par l’image du fardeau, prenant la forme d’une carapace. C'est pour ça qu'elle est suspendue à un cintre ? Il fallait y penser !
constate Maël.
Paul, de son côté, est en pleine contemplation. Regarde les petites maisons ! Il y a plein d'animaux bizarres dedans c'est rigolo
. Cette Maison des chimères réalisée par Flore Delfosse abrite ses amis imaginaires. C'est un objet entre deux mondes, à la fois jouet pour les enfants et objet de collection pour les adultes. Paul tu as vu le coussin ?
, l'interpelle Maël. On ne dirait pas que c'est du verre ça a l'air si moelleux !
. Pour créer cet oreiller de verre, Antoine Brodin s'est inspiré des Notes de chevet de Seï Shônagon, qui rend compte de la vie à la cour impériale du Japon au XIe siècle.

Direction le pays des merveilles
Nous poursuivons notre parcours pour découvrir un univers librement inspiré du conte d'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, qui met en lumière les mécanismes du récit initiatique. Le héros ou l’héroïne y traverse une série d’épreuves et de péripéties symbolisant le passage de l’enfance à l’âge adulte, où l’imagination et les rêves deviennent des guides pour mieux se connaitre. Oh je connais cette montre ! Je l'ai vue dans un tableau de Dali !
s'exclame Maël. En effet, il s'agit bien de la montre molle du célèbre peintre surréaliste, réalisée en partenariat avec la Maison Daum dans les années 1960. À ses côtés, un petit lapin orange attire toute l'attention de Paul : j'adore sa couleur !
. L'œuvre est également le fruit d'une collaboration de la Maison Daum, avec l'artiste anglaise Rebecca Stevenson.
Vous prendrez bien une tasse de thé ? C'est l'invitation suggérée par la mise en scène réunissant les œuvres de Derya Geylani et Shayna Leib, prêtées par le musée du verre de Charleroi. On dirait que quelqu'un a fait une bêtise et a renversé la tasse !
s'amuse Paul, qui en a sans nul doute déjà fait l'expérience.
L'étrangeté du quotidien
Avec l’inquiétante étrangeté, le troisième chapitre de l'exposition explore la façon dont l’inattendu peut se cacher dans le familier et provoquer un sentiment d'effroi face à des choses qui nous sont pourtant connues depuis longtemps. Qui n'a jamais frissonné devant des poupées de cire ou des automates ? Regardez ça ressemble à la table de la Belle et la Bête, quand les objets parlent !
, remarque Maël en observant Dinner, des artistes Sacha Delabre et Axelle Mary. Paul viens voir ! Paul ? Tu es où ?
. Face à un miroir énigmatique, Paul s'interroge. Je ne comprends pas ! Je vois des choses dans le miroir mais pas moi !
. C'est toute l'originalité de l'expérience proposée par Olivier Sidet, designer, dans Ghost. Devant cet étrange miroir, l’observateur peut voir se refléter les alentours, les personnes environnantes mais quels que soient ses gestes, il ne verra jamais sa propre image. Le miroir est un puissant symbole utilisé dans le conte pour représenter la beauté physique, la quête d’acceptation, de reconnaissance, la relation que nous entretenons avec notre image et notre rapport au monde. Quel message de la réalité nous délivre un miroir qui ne nous met plus face à nous-même ?

Plus loin, le Petit théâtre de Peau d’Âne est présenté pour la première fois après avoir fait l’objet d’une collaboration en 2004 avec l’artiste Jean-Michel Othoniel et sept élèves du lycée parisien Dorian, sous la direction de leur professeur Claude Robert. Il nous place à la frontière du dicible et de l’indicible et de ce que nous disent les contes, entre les lignes, de notre réalité intime et collective.
Un rêve de nature
Cette déambulation au sein de l’exposition se termine par un dernier chapitre, Utopia, dédié à la nature et offrant une vision fantasmée du monde qui nous entoure. Réunis dans cette dernière section, les artistes, entre enchantement et conscience de la fragilité du monde, portent un regard poétique et engagé sur les enjeux écologiques contemporains. Alors ça c'est mon préféré de tous ! On dirait plein d'animaux qui défendent un château !
En regardant de plus près Karafator de Richard Fauguet, Paul s'aperçoit que les animaux en question sont composés...d'éléments de vaisselles. Plus loin, il tombe sur...un nid de licornes. Ce sont des vrais œufs ?
, demande t-il. Paul je crois que tu regardes trop de dessins animés
, lui souffle Maël.
Si la Carapace céleste d’Anaïs Pégourié dans le premier chapitre de l’exposition nous invitait à prendre notre part d’un fardeau collectif témoignant d’une responsabilité environnementale générale, Drift, de Mathieu Grodet et Tanya Lyons, nous enjoint à s’en libérer ou plutôt à le transformer. L’œuvre symbolise une aspiration à changer notre situation, que ce soit pour fuir l’adversité ou nous élever vers de nouvelles possibilités de liberté. C'est comme les ailes d'Icare non ? En tous cas c'est super stylé
admire Maël. Paul, quant à lui, a trouvé refuge sous un immense arbre qui lui rappelle une montgolfière. Dans cette installation immersive, Simone Fezer évoque la fragilité de la vie et dénonce notre impact destructeur sur le monde.
Un nouvel espace lecture
À la sortie de l'exposition, nous prenons le temps de reposer nos jambes en nous installant confortablement sous le kiosque. Lève la tête Paul !
, lance Maël. Au dessus de nous, l’oeuvre de Mathilde Caylou, Là où j’ai attrapé l’air, nous promet un grand renversement des sens. Elle nous met la tête dans les nuages ou plutôt la tête sous la terre, pour l’observer différemment.
Avant de quitter les lieux, nous découvrons le nouvel espace du musée aménagé pour les familles, qui a reçu le label Mom'ârt. Équipé de jeux, de livres en lien avec les expositions (sélectionnés par les médiathèques départementales de Le Quesnoy et de Caudry) et de poufs moelleux, c'est l'endroit idéal pour débriefer notre visite. J'ai bien aimé l'univers des rêves. Ils ont beaucoup d'imagination et de talent les artistes, tu ne trouves pas Paul ?
, demande Maël. C'est vrai. Tu vois là, moi j'imagine une immense crêpe où je pourrais m'allonger et après nager dans une mare de chocolat. On va goûter ?
Enchanté, la fabrique des histoires
Venez visiter l'exposition jusqu'au 3 janvier 2027.Le musée est ouvert du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 13h30 à 18h, et le week-end de 10h à 18h.Tarifs : 8€ / 6€ / 4€ / gratuitGratuit le premier dimanche du mois et en période d'alerte canicule.
Crédits photo : Cédric Arnould
