Vivez le Nord ! | Flandre maritime
11 février 2026
Carnaval de Dunkerque : "En 40 ans, on en a usé des costumes !"
Elles fêteront cette année leur 40e carnaval. Nous avons rencontré Marcelle et Bellote, alias "les bébés", le célèbre duo mère-fille connu de tous les carnavaleux, souvent imité mais jamais égalé. Carnavaleuses depuis le mitan des années 1980, elles ont accumulé les anecdotes et ont accepté de nous en livrer quelques-unes.
Un costume maintes fois copié, jamais égalé
Si Marcelle a de nombreux souvenirs d’enfance du carnaval en
compagnie de son père, c’est en janvier 1986 qu’elle décide de s’y mettre
sérieusement avec sa fille. La première année, on s’est déguisées avec ce qu'on avait sous la main
, mais dès l’année suivante, la décision est prise :
Il nous fallait une identité.
Direction le magasin de tissus du Forum de
Dunkerque, derrière le beffroi (un lieu dont seuls les plus de 20 ans se souviennent), pour acheter du tissu. Un
coupon bleu et blanc - les couleurs de Dunkerque - plus tard, "les bébés" étaient
nés.
Depuis, le "cletche" (l'habit du carnavaleux) a fait des émules et durant les dernières décennies,
le duo en a croisé beaucoup, des bébés. Au début ça m’exaspérait, c’était notre
initiative !
, sourit Bellote. Au fil des années, les costumes s’usent mais
il est hors de question d’en changer : Nous en sommes à la 5e version
, explique Marcelle. Toujours le même : un haut et une charlotte en
vichy sur un pantalon uni. Rien de plus, rien de moins.
Une arrivée triomphale dans "le panier à salade"
Parmi les souvenirs marquants des "bébés" : un début de
bande de Dunkerque… dans le fourgon de la Police. À l’époque le départ se
faisait à la gare. Nous avons blagué avec les policiers qui nous ont proposé de
nous escorter. Il existe même une photo de nous sortant du camion !
,
révèle le duo. Il n’y a vraiment qu’à Dunkerque que l’on peut assister à de
telles scènes... C'est aussi ça, la magie du "carna" !
"Faites la bande, pas la guerre"
Tout bon carnavaleux se souvient du carnaval annulé. Le "Carna à Nulé", comme on l'appelle dans la Cité de Jean Bart. C’était en 1991, lors de la Guerre du Golfe. Nombre de municipalités du Dunkerquois annulent alors leurs manifestations, imitées par les associations carnavalesques et philanthropiques. À son tour, le conseil municipal se résigne à voter le report du carnaval.
Mais c’était sans compter sur les facétieux carnavaleux qui
invoquent un slogan resté culte "Faites la bande, pas la guerre".
Notre duo était évidemment dans la confidence et a participé, comme tant d’autres,
à toutes les festivités improvisées. Pour connaître le lieu et l’heure de
rendez-vous, il suffisait de lire "La Voix du Nord" et de repérer les petites
annonces codées dans lesquelles tout était indiqué
, expliquent-elles en riant.
Cette année-là, nous avons fait les 4 bandes, de Saint-Pol-sur-Mer à Rosendaël,
où il neigeait abondamment.
Que de souvenirs !
Le carna dans le sang
Les bébés le proclament haut et fort : Dans la famille,
on a carnaval dans le sang !
Cette joyeuse tradition transmise par le grand-père
de Marcelle a ensuite été perpétuée par Florine, la fille de Bellote. "Les bébés" sont ainsi passés de 2 à 3 pendant quelques années.

Aujourd’hui ma fille fait partie des musiciens de la bande, elle a donc remisé le
costume
, indique Bellote. Quant au fils de Florine, c’est déjà un carnavaleux
du haut de ses 3 ans. Mais il est déguisé comme son papa, à savoir en Écossais.
Et il connait déjà les paroles de L’Hymne à Jean Bart !
Qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige
Tout bon carnavaleux sait qu’il faut parfois s’équiper d’un
sous-vêtement thermique pour braver les intempéries. Ce ne sont pas les bébés qui diront le contraire : En 40 ans, nous avons fait
carna sous toutes les météos !
Si tout le monde se souvient de Malo sous
le soleil, Marcelle et Bellote se remémorent la fameuse bande de la station balnéaire sous une neige abondante puis une pluie diluvienne. Mais il en fallait plus
pour freiner le duo. Ce jour-là nous avons enfilé des sacs poubelles sous nos
costumes. Et lorsque nous arrivions dans les chapelles, nous faisions sécher
nos vêtements sur les radiateurs, la charlotte collée sur la tête, trempée. C’était
vraiment une belle bande…
Nous n’en doutons pas un instant !
"Trois Joyeuses" : le programme 2026
Pendant trois jours, du 15 au 17 février, Dunkerque va battre au rythme des "Trois Joyeuses", point d'orgue de la saison carnvalesque.
Dimanche 15 février, la bande de Dunkerque lancera ces festivités avec le fameux lancer de harengs depuis le balcon de l'hôtel-de-ville à 17h, puis le rigodon final, place Jean-Bart, à 20h. La soirée se poursuivra avec le bal des Acharnés à partir de 22h au Kursaal, 7 bis place du Casino (tarif : 25€. Réservation en ligne).
Lundi 16 février, place à la bande de la Citadelle, plus familiale mais tout aussi festive, qui prolongera l’esprit carnavalesque dans les quartiers !
Mardi 17 février, la bande de Rosendaël marquera la fin de ce marathon carnavalesque, suivie le soir du bal des Flibustiers à Grand-Fort-Philippe à partir de 22h30, salle des fêtes Joseph-Brunnet (tarif : 20€ sur place ou 16€ en prévente à "La Civette", place Charles-de-Gaulle).