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29 août 2025

Coupe du monde féminine de rugby : "On n’a jamais eu une telle couverture médiatique"

Laura Di Muzio est la présidente du Stade Villeneuvois, club de rugby de la métropole lilloise soutenu par le Département. Consultante pour TF1 sur les matches de la coupe du monde féminine disputée actuellement en Angleterre, elle revient pour nous sur cette expérience et la mise en lumière inédite de ce sport féminin.

Comment vous êtes-vous retrouvée derrière le micro pour cette coupe du monde de rugby ?

Laura Di Muzio : Ce n’est pas une première, parce que j’ai longtemps commenté les matches de rugby féminin pour France Télévisions, de 2016 à 2021, puis pour TF1 à l’occasion de la coupe du monde féminine 2022 en Nouvelle-Zélande. Là, TF1 m’a recontactée au mois d’avril, et m’a proposé d’intégrer à nouveau le groupe de consultants. C’était une très bonne surprise, et j’ai tout de suite accepté, car c’est une super expérience.

Quel est votre rôle à l’antenne ?

L. D. M. : En tant que consultante, mon rôle, c’est à la fois de bien expliquer ce qui se passe, de décrire les phases de jeu, et d’apporter du contenu rugby et le petit plus sur les équipes, les joueuses et la compétition. Bien sûr, il y a des équipes qu’on connaît plus que d’autres, comme la France, la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre. Ce sont les plus médiatiques. Il y en a qui sont moins souvent sur le devant de la scène, donc il faut bosser !

De quelle manière se prépare-t-on pour un tel événement ?

L. D. M. : Sur les matchs que je commente, je vais sur différents sites, notamment un site médias créé par World Rugby sur lequel on a des statistiques sur les équipes, les joueuses et les matchs disputés. Ça me permet d’avoir une première base. Ensuite, en fonction des filles qui sont sur la feuille de match, je fais des recherches sur Wikipédia, sur Instagram et le site des fédérations pour avoir les petits détails comme le nombre de sélections, quand elles ont démarré le rugby, quel est leur club, et s’il y a une histoire de famille. C’est une petite enquête, ça prend du temps. Il y a quand même deux fois 23 joueuses, mais c’est le travail sous-marin à faire avant le jour J.

Et avec votre binôme ?

L. D. M. : Le jour du match, avec mon collègue journaliste Nicolas Delage, on se donne rendez-vous deux heures avant. Là, on passe en revue la rencontre, les enjeux, on compare nos fiches, on se donne les joueuses sur lesquelles on veut faire un focus avant le match. Puis avec la régie, on fait une répétition sur le son, les images, l’enchaînement entre les compositions, les hymnes et le toss. On se met d’accord sur tout ça, et puis ça part !

Illustration
Laura Di Muzio commente les rencontres de la coupe du monde en cabine à Paris avec le journaliste Nicolas Delage.

Quel regard portez-vous sur la médiatisation de cette coupe du monde ?

L. D. M. : Malheureusement, tout le monde n’est pas encore au courant qu’il se passe quelque chose en Angleterre. Si c’était le cas, ce serait merveilleux ! En revanche, je porte un regard très positif sur la médiatisation de cette compétition, parce qu’on a le recul par rapport aux autres coupes du monde féminines qui se sont jouées notamment en France, en Irlande et en Nouvelle-Zélande. La dernière avait fait du bruit, parce que les organisateurs avaient battu des records d’affluence, et ils avaient fait une finale à 40 000 personnes. Mais là, ça n’a plus rien à voir.

C’est-à-dire ?

L. D. M. : Quand on voit la dimension que l’Angleterre a réussi à donner à cette épreuve, c’est incroyable. Plus de 400 000 tickets ont été vendus sur l’ensemble de la compétition, record absolu ! La finale à Twickenham est annoncée à guichets fermés, 80 000 personnes, record absolu ! Plus de 500 accréditations médias ont été demandées, contre 100 sur la dernière édition, record absolu ! Ça grandit de plus en plus. La preuve, TF1 retransmet en direct l’ensemble des matchs, alors que le format est passé de 12 à 16 équipes, donc ça veut dire plus de matchs. Des équipes que l’on connaît moins, qu’on pourrait penser moins intéressantes, sont quand même diffusées, et c’est accessible gratuitement. On n’a jamais eu une telle couverture médiatique sur ce rendez-vous.

Peut-on s’attendre à une recrudescence de nouvelles licenciées dans les semaines qui viennent ?

L. D. M. : Il y a toujours un effet coupe du monde. Après, est-ce qu’il sera plus grand que celui qu’on a connu après la coupe du monde masculine vécue à domicile en 2023 ? Là, ça avait vraiment été incroyable, on avait gagné près de 15 % de licenciés dans les clubs. Des petits garçons comme des petites filles qui venaient parce qu’ils avaient vu les matchs à la télé. Forcément, l’impact sera moindre, on n’est pas sur le territoire, mais il y aura tout de même ce petit effet. En tout cas, les clubs sont prêts !

Votre pronostic concernant l’équipe de France ?

L. D. M. : Je pense que les Bleues vont aller en demi-finale sans trop de difficultés. C’est le parcours tout tracé, c’est la logique quand on regarde les matchs de poule, alors qu’elles ont déjà passé l’Italie (24-0), le plus gros obstacle. En quart de finale, ce sera vraisemblablement l’Irlande, c’est complètement à leur portée. Après, on va tomber sur le mastodonte anglais. Honnêtement, je ne vois pas qui peut battre les Anglaises chez elles, il faudrait un exploit. Surtout que ça fait 16 matchs qu’on ne les a pas battues. Sur ce que j’ai vu lors des matchs de préparation et le premier week-end des matchs de poule, même les Néozélandaises sont un cran en dessous, mêmes les Canadiennes. En revanche, j’espère une troisième place qui est tellement dans nos cordes !

Retrouvez Laura Di Muzio aux commentaires avec le journaliste Nicolas Delage ce samedi 30 août pour Etats-Unis-Australie (20 h 30) sur TFX, et ce dimanche 31 août pour Italie-Afrique du Sud (16 h 30) sur TF1+.

Crédits photo : Laura Di Muzio

  • François-Xavier CADART
    Conseiller départemental - Vice-président aux Sports et à la vie associative

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