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11 juin 2020

"Un statut pour mieux reconnaître les accueillants familiaux"

Les accueillants familiaux ont été, eux aussi, en première ligne pendant la crise sanitaire. Le Département du Nord souhaite pour cette profession un nouveau statut. Entretien avec Geneviève Mannarino, Vice-présidente en charge de l’autonomie.

Quel rôle les accueillants familiaux ont-ils joué pendant le confinement ?

Ils ont sauvé des vies, au même titre que les personnels soignants, les personnels des EHPAD ou des structures d'aide à domicile.

Nos 500 accueillants familiaux se sont impliqués pendant cette période avec un dévouement qui force le respect auprès des personnes qu’ils accueillent, personnes âgées ou en situation de handicap.

Leur quotidien a été complètement modifié dès le début du confinement avec la mise en place, dès le mois de mars, de nouvelles règles de sécurité au sein de leurs foyers: gestes barrières, sorties et visites limitées. J'ajoute que le Département leur a fait parvenir des masques dès que les stocks l'ont permis.

Certains ont été amenés à assurer exceptionnellement une prise en charge continue du fait de la suppression de toutes les activités extérieures, comme le travail en ESAT, (établissement ou service d'aide par le travail), l’accueil de jour ou les loisirs.

Ces professionnels ont également compensé l’arrêt brutal des accompagnements suivis habituellement par les personnes accueillies, comme la kinésithérapie ou les soins infirmiers.

Tous ont eu enfin à gérer des situations de mal être, et faire preuve de pédagogie pour expliquer la nécessité des restrictions mises en place.

Cette profession vous semble-t-elle suffisamment reconnue aujourd’hui ?

Je ne le crois pas. Cette profession est encore trop souvent considérée comme une « activité ».

N'étant pas salariés, et ne relevant du régime des professions libérales, les accueillants familiaux restent par exemple soumis à l’aléa de la fin d’un contrat, non compensé par l’assurance chômage.

En 2015, la loi Adaptation de la Société au Vieillissement a apporté des améliorations au cadre juridique et amorcé une harmonisation nationale du dispositif, sans pour autant consolider un véritable statut. 

La crise sanitaire, et le rôle joué par ces professionnels, intensifient le besoin de reconnaissance du travail qu'ils réalisent quotidiennement, souvent discrètement, auprès des plus fragiles.

Quelles sont les ambitions du Département pour les accueillants familiaux ?

Le Département du Nord est particulièrement sensible à la promotion de ce mode d’accueil et à la défense de ces professionnels. C'est un engagement que je porte avec constance depuis 2015.

En avril 2018, nous avons organisé les premières Assises de l’accueil familial en réunissant  à Lille près de 400 professionnels venus de toute la France. Les recommandations issues des échanges lors de cette journée sont éclairantes à la lumière de l'actualité des dernières semaines. 

À l’heure où les pouvoirs publics réinterrogent les solidarités, et projettent de rebâtir notre système de santé, il est urgent de repenser aussi la place de l’accueil familial dans l'offre d'accueil des plus fragiles d'entre nous.

J’ai donc interpellé la Direction Générale de la Cohésion Sociale du Ministère des Solidarités et de la Santé en ce sens, pour lui soumettre notamment la question de l’indemnisation des accueillants familiaux au titre de la crise sanitaire.

Le Département sera également force de propositions pour faire évoluer dès que possible le statut de cette profession d'avenir qui combine emplois locaux et solidarité intergénérationnelle.

Pour aller plus loin