JEUNESSE ÉDUCATION | DOUAISIS
26 septembre 2022

Au Garage École, les élèves se forment en réparant nos voitures

13 adolescents vont apprendre, pendant deux ans, le métier de mécanicien à l'école de production automobile du Pévèle. C'est la première du Douaisis, la deuxième du Nord. Explications.

Les visseuses et les moteurs se font déjà entendre au 18 rue Carrière-Dorée à Orchies. L'école de production automobile accueillera ses tout premiers élèves très bientôt. 

À l'étage, il y aura une salle de classe lumineuse, une pièce pour les enseignants ainsi qu'une salle de détente pour les écoliers. Un bureau d'accueil est prévu au-rez-de-chaussée pour vous recevoir lorsque vous laisserez ou reprendrez votre voiture. Dans l'atelier, deux ponts élévateurs à ciseaux sont déjà installés. Deux autres, à deux colonnes, sont en cours de montage. Le pont de géométrie ainsi qu'un coin école, avec son tableau blanc pour apprendre des notions sur le tas, viendront vite les compléter.

Ce sera un vrai garage : les élèves vous accueillent, réparent les voitures et se chargent de la facturation. Ici, on apprend en faisant.

Joseph Sciortino, directeur de l'école de production automobile du Pévèle

Ce concept de garage-école plaît aux adolescents. Normalement, une promotion compte entre 8 et 12 élèves, précise le directeur. Dès sa première rentrée, il est au-delà. Les candidats viennent des collèges, de missions locales ou encore de structures sociales comme les Apprentis d'Auteuil. Notre vocation, c'est d'accompagner des jeunes de 15 à 18 ans qui se ne retrouvent pas dans les autres formations.

Une autre façon d'apprendre

Au bout de deux ans, les élèves pourront obtenir un CAP maintenance des véhicules, option véhicules légers. Nous nous calons sur les programmes officiels, détaille Joseph Sciortino. Ce qui change, c'est la pédagogie.

Chaque journée commencera et s'achèvera par un quart d'heure d'échanges pour savoir comment vont les élèves, s'ils ont besoin de revoir certains points, ont des idées à partager. Ensuite, il y aura des moments de cours plus formels à l'étage mais aussi des temps informels dans le coin-école de l'atelier. Et surtout, chaque jour, de la pratique. 

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Joseph Sciortino, lui-même ancien mécanicien, technicien analyste dans l'automobile, éducateur technique spécialisé, aura beaucoup à apporter à ses futurs élèves.

Dès l'an prochain, le garage-école comptera deux promotions. Chacune sera encadrée par un maître professionnel. Il sera aidé par une équipe pédagogique... bénévole. Les 3/4 d'entre eux sont d'anciens professionnels ou des professionnels en fonction qui ont envie de participer à ce projet, se félicite le directeur.

Il faut dire qu'il fédère. De nombreux dons d'entreprises automobiles ont permis d'équiper en grande partie l'école. C'est important pour nous de donner une seconde vie au matériel : cela inculque des valeurs à nos futurs élèves. Pour que ce soit complet, le directeur a pour idée de récupérer, deux fois par an,  un véhicule de la casse pour que les jeunes le retapent et l'offrent ensuite à des personnes ou associations dans le besoin.

On enseigne ainsi la citoyenneté, la solidarité en même temps que des compétences techniques.

Joseph Sciortino

Un garage ouvert à tous après la Toussaint

Les adolescents vont commencer par apprendre les bases, comme faire des vidanges, changer des plaquettes de frein, et prendre suffisamment confiance en eux pour se sentir capable d'accueillir le client. Il faudra attendre novembre, pour pouvoir leur confier vos voitures. Le garage-école sera ouvert du lundi au jeudi entre 8h30 et 16h30, et le vendredi matin. Je tiens à leur laisser une demi-journée de repos. Ça va être assez intense la semaine.

Le client aide non seulement la formation de ces jeunes mais s'y retrouve sur la facture : le garage-école propose des tarifs dans la fourchette basse des prix du marché. Quant aux élèves, ils paient 200€ leur inscription, conservent une grande partie des vacances scolaires et apprennent leur futur métier dans un cocon. Surtout, à Orchies, nous dit Joseph Sciortino, seule la motivation compte pour nous rejoindre.

Cinq écoles de production dans le Nord

Une école de production automobile existait déjà, avant cette création à Orchies : c'est l'ICAM de Lille. Elle forme également aux CAP serrureries métallerie et conducteurs d'installation de production. Roubaix accueille l'EPICC et son CAP métiers de la mode, option vêtement flou.
Littoral Tech, à Dunkerque, se concentre sur les métiers de l'usinage et l'EPPED, à Quiévrechain, sur les métiers de la construction avec son CAP menuiserie. Chaque école de production est un établissement privé reconnu par l'État.

Crédits photo : C. Arnould

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