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11 mai 2021

À Marly, des aînées passionnées de tricot solidaire

Sous l'impulsion de la dynamique Mauricette, un groupe de séniors de l'Amicale laïque tricote sans relâche pour les prématurés de l'hôpital de Valenciennes. Une histoire inspirante de passion et d'engagement qui fait des émules partout en France.

Il suffit de prononcer le mot tricot, et Mauricette Hennevin est lancée. Inutile donc de poser beaucoup de questions pour savoir ce qui anime cette ancienne comptable à la retraite : le tricot est sa passion, c'est une évidence. Et son carburant, ce sont les autres.

"Les mamies tricoteuses"

Il y a bientôt 10 ans, en 2012, Mauricette décide de créer un atelier tricot au sein de l'Amicale laïque de MarlyNous étions cinq passionnées et au départ, nous tricotions pour une association d'aide aux personnes âgées. Mais très vite, nous avons été à court de laine et d'argent. C'est un appel aux dons dans le bulletin municipal qui nous a permis de continuer et surtout d'étendre notre action. 

Dès le printemps suivant, la petite équipe prend contact avec le service de néonatologie de l'hôpital de Valenciennes qui voit naître chaque année entre 600 et 700 bébés prématurés, dont 200 très grands prématurés.

Il faudra ensuite trois mois de travail aux expertes du tricot pour mettre au point, avec le service de l'hôpital, les modèles de brassières, pantalons, chaussons et bonnets qui correspondent aux besoins des bébés et des soignant(e)s qui s'en occupent. Les coutures doivent être invisibles pour ne pas risquer de blesser les tout-petits, et les manches doivent être faites de telle sorte que le personnel médical puisse aller chercher une minuscule main à travers. Nous avons aussi conçu des pantalons qui se terminent en chaussons,... c'est très difficile d'entrer dans un service de néonatologie.

Mais la démarche est inspirante ! Rapidement, les "mamies tricoteuses" - surnom donné à Mauricette et ses acolytes marlysiennes par les médias régionaux et nationaux - sont sollicitées par une multitude de bonnes volontés qui, des quatre coins de France, ont aussi envie d'aider.

Aujourd'hui, il y a environ 150 mamies tricoteuses dans tout le pays. Je leur envoie les patrons des vêtements et la plupart paient elles-mêmes leur laine ainsi que les frais de port pour nous envoyer leurs réalisations, s'enthousiasme Mauricette.

Résultat : chaque année, les tricoteuses de Marly et d'ailleurs donnent pas moins de 2000 petits vêtements tricotés sur-mesure au service de néonatologie de l'hôpital de Valenciennes. Et d'autres passionnées ont réussi à dupliquer la démarche auprès de services de néonatologie à Lyon puis au Mans.

Faire du bien aux bébés... et aux personnes âgées

Comme si cela ne suffisait pas, les virtuoses nordistes des aiguilles à tricoter œuvrent aussi pour l'Équipe mobile Rimbaud qui assure la prise en charge des personnes démunies à l’extérieur du Centre Hospitalier de Valenciennes. Elles ont également répondu à l'appel du service des soins palliatifs de l'hôpital pour tricoter des plaids colorés à mettre sur les lits des patients.

Et si elles concèdent volontiers que tout cela ne serait pas possible sans les contributions qui leur arrivent de partout, elles s'émerveillent aussi des témoignages qu'elles reçoivent : Lorsqu'on remercie les personnes qui nous soutiennent, ce sont elles qui nous disent merci ! Elles nous expliquent qu'on leur donne une raison de se lever le matin et que grâce à nous, elles se sentent utiles.

Ce qui  fait dire à Mauricette que par les échanges et les rencontres qu'elles occasionnent, les "mamies tricoteuses" ne se contentent pas de rendre service aux bébés ou aux plus démunis, mais aident aussi les personnes âgées. Plusieurs responsables d'Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : ils ont demandé à ce que leurs résidentes puissent prendre part à la démarche.

Illustration
Les "mamies tricoteuses" de Marly sont impatientes de pouvoir à nouveau tricoter ensemble. (Photo prise avant la crise sanitaire)

Avec tout ça, je n'ai plus le temps de me consacrer au chant qui est mon autre passion. Mais je suis fière de mon action et j'ai la chance d'être épaulée par mon mari et suivie par beaucoup de monde, conclut Mauricette, reconnaissante.

Vous souhaitez tricoter solidaire ?

Ou faire un don de laine ? Contactez les "mamies tricoteuses" de Marly via leur page Facebook, ou par mail à : loisirs@almarly.fr  

Crédits photo : iStock et Amicale Laïque de Marly

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